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La “grande guerre” à la lumière des registres paroissiaux

Le front de la première guerre mondiale ne s’est pas déployé uniquement dans l’est et le nord de l’Europe occidentale. Dans le nord de la péninsule italienne, le Trentin, la Vénétie et le Frioul ont également été le siège de terribles combats opposant les troupes italiennes à celles de l’Empire Austro-hongrois. Ces événements ont d’ailleurs été en partie responsables de la forte émigration des Italiens du nord-est à partir des années 20, car les régions traversées par les lignes de front ont subi des destructions massives.Lire la suite…



Pierre Favre, trait-d’union dans ma généalogie

Je reprends, pour l’actualiser, le texte d’un article que j’avais publié en janvier 2012.

Pierre Favre est né en 1506 au cœur du massif des Aravis, à Saint-Jean-de-Sixt, commune alors incluse dans le Duché de Savoie et située aujourd’hui en Haute-Savoie. Il est mort à Rome en 1546, alors qu’il s’apprêtait à être le théologien du pape au concile de Trente. Entre ces deux dates, il a été le compagnon d’études et de chambrée d’Ignace de Loyola et de François-Xavier de Jasso y Azpilicueta à la Sorbonne et au collège Sainte Barbe, il a fondé avec eux l’ordre des Jésuites et il a parcouru à pied quasiment toute l’Europe pour prêcher et tenter de réconcilier les divers courants qui se déchiraient dans le mouvement de la réforme.
Béatifié en 1872, il vient d’être canonisé le 17 décembre 2013 par le pape François, Jésuite lui aussi et qui avait déclaré son estime pour Pierre Favre dans une interview donnée en juin dernier.

J’entends déjà les commentaires des lecteurs de ce blog : “mais que vient faire Pierre Favre dans ce blog dédié à une généalogie italienne ?”

La réponse tient en deux points :Lire la suite…


Les civils dans la grande guerre

Voici le dernier volet du très riche #généathème de novembre, consacré à la première guerre mondiale. J’ai quitté cette fois les lignes de front pour tenter d’imaginer comment les habitants de Borso avaient vécu les combats tout proches.

Ferrucio Vedovotto WWI Draft Registration Cards, 1917-1918

Carte de recensement militaire de Ferruccio Vedovotto, en date du 5 juin 1917

En 1915 mon grand-père a 24 ans. Lorsque l’Italie entre en guerre aux côtés de la Triple-Entente, le 23 mai 1915, il n’est l’époux de ma grand-mère que depuis 23 jours. Il aurait sans doute été réquisitionné s’il n’avait été réformé à cause d’un handicap à une jambe. Son frère Ferruccio, plus jeune de deux ans, a émigré au Texas depuis 1908. Il a été enregistré lors du premier recensement des hommes vivant sur le sol des États-Unis et susceptibles d’être réquisitionnés. Je ne crois pourtant pas qu’il ait été envoyé en Europe. Il travaillait dans une mine, et réduire la production de charbon pour envoyer les mineurs au front outre-atlantique n’était sans doute pas une priorité.Lire la suite…


Peter Pan, le soldat qui ne voulait pas mourir

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L’ossuaire du Monte Grappa, est une œuvre monumentale de style antique, réalisé par l’architecte Giovanni Greppi et le sculpteur Giannini Castiglioni, et inaugurée le 22 septembre 1935 par Mussolini. Formé d’une série de gradins semi-circulaires, il accueille les dépouilles des soldats morts dans le massif durant la Grande Guerre.
Parmi eux se trouve Umberto Maria Vittorio Amedeo Giuseppe de Savoie, comte de Salemi, petit-fils de Vittorio Emanuele II de Savoie, premier roi d’Italie. Il a combattu sur le Carso et le Monte Grappa dans le régiment Cavalleggeri di Treviso. Le bulletin officiel de la cour d’Italie le dit “mort des suites de blessures de guerre”, mais il a en réalité succombé à la grippe espagnole dans un hôpital militaire de Crespano.
Le site accueille également la tombe du général Giardino, chef de la valeureuse 4e armée italienne victorieuse sur le Grappa et qui avait souhaité être inhumé aux côtés de ses hommes.Lire la suite…


Première guerre mondiale : les Français sur le front du Piave

Le 12e corps d’armée français, commandé par le général Jean César Graziani, s’établit en Italie à la fin de 1917. Il est formé de deux divisions d’infanterie (DI), la 23e basée à Angoulême et la 24e basée à Périgueux, d’éléments non endivisionnés (ENE) et de 6 groupes d’artillerie lourde issus des 108e, 112e et 120e régiments d’artillerie lourde (RAL). Sa composition est décrite dans son journal des marches et opérations, en date du 2 décembre 1917 :

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12e corps d’armée : J.M.O. du 2 décembre 1917 (Source : Mémoire des hommes)

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“Era una notte che pioveva” *

Le sujet du #geneatheme de novembre, est la première guerre mondiale. Pour la région de mes ancêtres Italiens c’est un sujet majeur, presque trop lourd pour mon petit blog. En effet, la pedemontana du Monte Grappa est l’un des lieux emblématiques de ce conflit en Italie. Le Monte Grappa est un symbole majeur pour l’Italie de la première guerre mondiale, sans doute aussi fort que Verdun ou la Marne pour la France.

L’histoire se lit tout d’abord dans le nom des villes et villages : Borso del Grappa, Crespano del Grappa, Bassano del Grappa, Paderno del Grappa, Seren del Grappa… Le suffixe “del Grappa” a été ajouté à tous ces toponymes à partir de 1920, comme une empreinte indélébile en mémoire des terribles combats qui ont marqué la région en 1917 et 1918.Lire la suite…


W comme Viva !

La lettre W n’existe pas dans l’alphabet italien. Et pourtant, il est très courant de voir des W en Italie, peints sur des murs, imprimés sur des affiches… Je me souviens par exemple du “W Juve” écrit à la craie sur la porte du garage de mon oncle, et dont j’avais dû demander la signification à mon père.

La lettre W signifie en effet pour les italiens “Viva!” Elle est donc largement utilisée chaque fois que l’on veut glorifier quelqu’un ou quelque chose. L’étymologie de ce W découle des deux lettres “v” présentes dans le mot viva qui, une fois accolées, forment un W :ViVa=VV=W.Lire la suite…