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Les lieux de mes ancêtres : Borso del Grappa

Borso del Grappa est LE village d’origine de mes ancêtres italiens. C’est là que sont nés mon père, ses frères et sœurs, mes grands-parents… et bien d’autres de mes ancêtres, au moins aussi loin que remontent les registres paroissiaux. Au cours de mes recherches généalogiques j’ai découvert des branches originaires d’autres villes de Vénétie, dont je parlerai dans d’autres articles, mais Borso (comme on l’appelle le plus souvent là-bas) conserve malgré tout la première place, gagnée non seulement par le nombre d’ancêtres de mon arbre qui en sont natifs, mais aussi par le fait que c’est celle que je connais le mieux.

Vue panoramique de Borso (source : commune de Borso del Grappa)

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Q comme Quartier

Même s’il n’a pas forcément une identité administrative officielle, le quartier est une subdivision à laquelle les hommes se rattachent volontiers, quelle que soit l’importance de la commune dans laquelle ils vivent. En ville il correspond à un territoire circonscrit à quelques rues adjacentes, à la campagne on l’appelle plus souvent hameau et il s’agit d’un groupe d’habitations cerné par les zones agricoles et la nature.

Dans l’Italie de mes ancêtres le quartier était appelé contrada, ou contrà en vénitien. La contrada est plus petite que la frazione, elle ne dispose pas de sa propre paroisse. Les plus célèbres sont sans doute les 17 contrade qui s’affrontent lors du Palio de Sienne. Mais le “palio delle contrade” n’est pas spécifique à Sienne, plusieurs villes italiennes ont créé ou recréé leur palio, comme Romano d’Ezzelino, commune voisine de Borso del Grappa.Lire la suite…


E comme Escaliers

Vue rapprochée des marches de l’église de Borso del Grappa

La généalogie permet de replonger dans les souvenirs familiaux, et en particulier de voir ou revoir d’anciennes photographies. En m’intéressant à celles de Borso del Grappa, j’ai constaté que les escaliers de l’église figuraient en très bonne place au rang des constructions les plus souvent présentes sur ces photographies.
Ces longues et assez nombreuses marches constituent il est vrai de parfaits gradins pour les photographies de groupes, a fortiori lorsque ces groupes sortent d’une messe, à l’occasion d’un mariage, d’un baptême ou sont réunis à l’initiative de la paroisse.Lire la suite…


De Guadagnini à Guadagnin

Le fondateur de la branche Guadagnin de Borso est Piero Guadagnini. Né à Crespano vers 1550, il y vit jusqu’au décès de son père Antonio en 1559. Suite à son veuvage, sa mère Domenica Rosato se remarie en effet avec un borsato, Andrea Pandin, et vient vivre à Borso avec Piero.
Alors que les membres de la famille Guadaganini vivent à Crespano, Piero se trouve donc être le seul porteur de ce patronyme à Borso.

Au début du XVIIè siècle, il est appelé Guadagnini, comme ici sur l’acte de baptême de son fils Gio:Batta, né en 1601 :

Au moment de son décès, en 1630, Piero est devenu Guadagnin :

La variante Guadagnino(a?) semble avoir également été brièvement utilisée à Borso pour désigner cette famille, peut-être parce que Piero était le seul représentant local des Guadagnini. C’est par exemple le cas sur l’acte de décès de Marietta, la femme de Piero, inhumée en 1643 :

Mais dès la génération suivante, les descendants de Piero établis à Borso seront appelés Guadagnin, alors que les branches de Paderno, Crespano, Asolo ou Bassano s’appellent encore Guadagnini.


Pourquoi ce site ?

Ce site présente ma généalogie paternelle, fortement enracinée dans la province de Trévise, en Vénétie (Italie). Il concerne les familles Vedovotto et Guadagnin originaires de Borso del Grappa mais dont certains membres ont disséminé des branches sur presque tous les continents. Cet arbre généalogique détaille les ascendants de mes grands-parents ainsi que les branches collatérales.

J’ai également mis en ligne un rameau, que dis-je, une “branchouille” qui concerne les Vedovotto de la province de Venise, laquelle branchouille s’est également étirée vers Rome ou le Brésil. Je garde bien sûr le secret espoir de parvenir un jour à confirmer mon hypothèse selon laquelle ces deux arbres ne feraient qu’un. Je suis donc toujours sur la trace du chainon manquant qui les relierait…Lire la suite…


Origine des Vedovotto de Borso

Les actes paroissiaux datant de la première moitié du XVIe siècle montrent qu’avant que le patronyme Vedovotto n’apparaisse à Borso, après 1550, mes ancêtres étaient appelés de Cogno (orthographié parfois Cogno, di Cogno, de Cugno ou de Cognio).

Un ancêtre commun : Benedetto de Cogno

Origine des Vedovotto de Borso (Cliquez sur l’image pour l’agrandir dans une nouvelle fenêtre)

Tous les Vedovotto de Borso descendent d’un ancêtre commun ayant vécu au XVIe siècle : Benedetto de Cogno. Il habitait à Borso en 1519 et comptait alors parmi les habitants les plus riches, possédant de nombreux biens fonciers, comme en fait état l’inventaire de ses biens, enregistré en 1530 à Asolo après sa mort. Benedetto de Cogno est pourtant introuvable dans l’estimation précédente (1495), certes incomplète, des biens des citoyens de Borso.

La question qui se pose aujourd’hui est donc la suivante : la famille de Cogno était-elle établie depuis plus longtemps à Borso ou Benedetto est-il venu s’installer dans la commune depuis une autre ville ?

1577 : extrait du partage des biens de “q. Bernardin de cugno de bursio (borso)” entre ses fils Benedictur (Benedetto), Baptista (Battista) et Johannis (Giomaria)

De “de Cogno” à “Vedovotto”

Alors que “de Cogno” a dominé le XVIe siècle, “Vedovotto” s’est définitivement affirmé dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Mais les deux patronymes ont cohabité dans les textes durant au moins un siècle, comme le montrent par exemple les actes de baptêmes de deux des enfants de Piero Vedovotto / de Cogno et de sa femme Maria :

21 novembre 1597, Borso. Acte de baptême de Madalena fille de “ser Piero Vedovotto” et “Donna Maria sua moglie”.

28 mars 1599, Borso. Acte de baptême de Madalena de “Piero de Cogno” et “Maria da Borso”.

Sur l’acte de décès de “ser Giacomo di Cogno”, daté du 31/01/1627, le prêtre a écrit les deux noms, semblant ajouter “Vedovotto” dans un second temps.

Un patronyme né à Borso ?

L’étymologie de Vedovotto est vraisemblablement liée au surnom donné à un membre de la famille identifié comme le fils (ainé ?) d’un veuf. J’ignore encore l’identité de ce “fils de veuf”.

Depuis que j’ai débuté ce travail généalogique, je me pose la question de savoir si tous les Vedovotto du monde ne pourraient pas être reliés à un même ancêtre commun, né à Borso del Grappa.

Outre son côté sympathique, cette hypothèse me semble étayée par différentes constatations :

  • Ce patronyme est très peu porté dans le monde, y compris en Italie (14 communes). En Italie il est très majoritairement présent en Vénétie, et au sein de la Vénétie, très majoritairement présent à Borso del Grappa, qui apparaît donc à ce jour comme le principal foyer du patronyme,
  • Selon Gabriele Farronato, tous les Vedovotto de Borso descendent d’un ancêtre commun,
  • Dans la base de données de Ellis Island, qui recense les personnes entrées sur le territoire des USA entre 1892 et 1924, tous les immigrants enregistrés sous le patronyme Vedovotto ont déclaré être né ou venir de Borso,
  • Tous les Vedovotto ou descendants de Vedovotto que j’ai réussi à contacter, en Italie, en France, aux USA ou au Brésil, m’ont confirmé que leurs ancêtres portant ce patronyme venaient soit de Borso, soit de Càorle.

Il existe en effet une branche de “Vedovotto” dans la province de Venise, sur le littoral à Càorle, Eraclea, Jesolo…, qui s’est ensuite ramifiée vers Rome. Je ne connais pas son origine, mais je pense que son existence ne remet pas forcément en question mon hypothèse. Cette branche pourrait en effet être issue d’un borsato qui aurait émigré vers Venise. Les relations régulières entre les ceux zones sont attestées depuis au moins le XVIIIe siècle (voir Les migrations dans la Sérénissime). Il ne semble donc pas absurde de considérer qu’un Vedovotto né à Borso aurait pu décider un jour de s’installer plus près du littoral.

Bien sûr, je n’ai aucune certitude en la matière, et je n’en aurai peut-être jamais. Mais je me plais à rêver d’un arbre généalogique reliant les Vedovotto du monde entier….

Carte de répartition des foyers Vedovotto en Italie

Carte de répartition des foyers Vedovotto en Vénétie


Vues de Borso

Vue générale de Borso del Grappa (source : http://www.panoramio.com, auteur : Luciano54)

Au nord, la montagne est proche et s'élève à plus de 2000 mètres


Au sud, au-delà des toits de tuile et des collines, la plaine s'étire jusqu'à Venise et à l'Adriatique

L'église San Zenone et son campanile (Auteur : Gianni Desti Baratta)

La mairie de Borso (Auteur : Gianni Desti Baratta)



Rue du hameau de Cassanego


Borso del Grappa dans les années 1950


El biso de Borso

“risi e bisi col piron, u che bon, u che bon”

Comme le dit cette comptine en langue vénitienne : “du riz et des petits pois avec une fourchette, humm c’est bon, humm c’est bon”

Mon père m’en récitait une variante : “risi e bisi col piron, pastasciutta e macaron” (riz et petits pois à la fourchette, pâtes et macarons).

Compte tenu de la proximité des rizières de la plaine du Pô, le risotto est une tradition en Vénétie, bien plus que la pizza ! Je n’ai d’ailleurs jamais mangé de pizza à la table familiale durant mes vacances en Italie, et je ne pense même pas qu’il y ait eu une pizzeria à Borso lorsque j’étais enfant. Par contre, je garde un souvenir ému des délicieux plats de pastasciutta et de risotto, concoctés durant des heures par ma tante Agnese, et que nous dégustions chaque midi dans la pénombre de la salle à manger, les volets à peine entrouverts nous protégeant du soleil brûlant d’août.

Risi e bisi

Le « Risi e bisi » (riz aux petits pois) est un plat typiquement vénitien. Les « bisi » sont les équivalents en langue vénitienne des « piselli » italiens, autrement dit les petits pois.

El biso de Borso (Source Marcadoc)

Ancré dans l’histoire de la République Sérénissime, ce plat était rituellement offert au doge chaque 25 avril, fête de Saint Marc, patron de la ville.

A Borso, il prend un accent particulier, car la commune produit une variété de petits pois célèbre : “el biso de Borso“.

Le climat local et les caractéristiques des terres agricoles, souples et légèrement alcalines, permettent en effet d’obtenir des petits-pois aux caractéristiques uniques et réputés pour leur douceur. La tradition de cette culture sur le territoire de la commune est très ancienne.

Alors que la baisse de la population et la mécanisation de l’agriculture avait réduit sa culture à une simple production familiale après la seconde guerre mondiale, il a été remis à l’honneur au début des années 80. Le biso de Borso bénéficie désormais d’une appellation contrôlée et doit être cultivé sur le territoire de la commune en respectant des règles strictes : rotation triennale des cultures, fumure exclusivement au fumier bovin, interdiction de tout engrais ou pesticide chimique. Les semis sont effectués en pleine champ, au printemps ou à l’automne, la récolte est réalisée par fauchage, après quoi les petits pois sont sélectionnés manuellement.

Chaque année, au cours de la première quinzaine du mois de juin, un grand marché aux petits pois est organisé à Borso, place Sant’Eulalia : le “Mostra mercato del Biso de Bors”.

Recette

Le “riz aux petits pois” est encore meilleur au printemps, préparé avec des petits pois frais. Il se classe entre le risotto et la soupe, selon sa consistance. Lorsqu’il est fluide, il a été préparé “all’onda”, c’est à dire que sa surface forme une vaguelette lorsqu’on incline son assiette. En laissant évaporer plus de bouillon, on obtient la version “asciutta” (assèchée).

Ingrédients :

* 200 à 250 g de riz pour risotto

* 250 à 300 g de petits pois frais écossés

*1 oignon blanc

* 80 gr de lard (ou de la pancetta, ou du jambon sec)

* 50g + 1 noix de beurre

* Huile d’olive

* 1 l de bouillon de poulet ou de légumes

* sel

*quelques brins de persil plat

* du parmesan

Coupez le lard (ou la pancetta ou le jambon sec ) en dés ou en fines lamelles.

Pelez l’oignon et coupez-le en tranches fines. Faites-le blondir à la casserole avec le lard dans 3-4 cuillerées d’huile.

Lavez les petits pois écossés et versez-les dans la casserole avec une pincée de sel et de poivre.

Laissez-les cuire pendant une dizaine de minutes, puis versez le bouillon tiède et portez doucement à ébullition.

Ajoutez le riz et laissez cuire en mélangeant de temps à autre jusqu’à ce qu’il soit cuit mais encore ferme.

Laissez un peu tiédir avant de servir saupoudré de persil haché et, si vous le désirez, de parmesan râpé.
D’après http://www.campiello-venise.com/dossier/vie/recettes/risi_e_bisi.htm