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De Guadagnini à Guadagnin

Le fondateur de la branche Guadagnin de Borso est Piero Guadagnini. Né à Crespano vers 1550, il y vit jusqu’au décès de son père Antonio en 1559. Suite à son veuvage, sa mère Domenica Rosato se remarie en effet avec un borsato, Andrea Pandin, et vient vivre à Borso avec Piero.
Alors que les membres de la famille Guadaganini vivent à Crespano, Piero se trouve donc être le seul porteur de ce patronyme à Borso.

Au début du XVIIè siècle, il est appelé Guadagnini, comme ici sur l’acte de baptême de son fils Gio:Batta, né en 1601 :

Au moment de son décès, en 1630, Piero est devenu Guadagnin :

La variante Guadagnino(a?) semble avoir également été brièvement utilisée à Borso pour désigner cette famille, peut-être parce que Piero était le seul représentant local des Guadagnini. C’est par exemple le cas sur l’acte de décès de Marietta, la femme de Piero, inhumée en 1643 :

Mais dès la génération suivante, les descendants de Piero établis à Borso seront appelés Guadagnin, alors que les branches de Paderno, Crespano, Asolo ou Bassano s’appellent encore Guadagnini.


Pourquoi ce site ?

Ce site présente ma généalogie paternelle, fortement enracinée dans la province de Trévise, en Vénétie (Italie). Il concerne les familles Vedovotto et Guadagnin originaires de Borso del Grappa mais dont certains membres ont disséminé des branches sur presque tous les continents. Cet arbre généalogique détaille les ascendants de mes grands-parents ainsi que les branches collatérales.

J’ai également mis en ligne un rameau, que dis-je, une « branchouille » qui concerne les Vedovotto de la province de Venise, laquelle branchouille s’est également étirée vers Rome ou le Brésil. Je garde bien sûr le secret espoir de parvenir un jour à confirmer mon hypothèse selon laquelle ces deux arbres ne feraient qu’un. Je suis donc toujours sur la trace du chainon manquant qui les relierait…Lire la suite…


Qui étaient mes ancêtres ?

Au travers de cette chronique, j’essaye de mieux comprendre qui étaient mes ancêtres, comment ils vivaient…
Les actes d’état civil donnent souvent plus d’informations que de simples dates. Après les avoir rassemblées et organisées, j’ai découvert un peu mieux mon héritage…


Origine des Guadagnin de Borso

Lorsque j’ai commencé ces recherches généalogiques, je pensais que cette branche ne concernait que la famille de ma Nonna (grand-mère), Romana Guadagnin. Par la suite, j’ai découvert que mon Nonno possédait lui aussi une ascendance Guadagnin !

Une famille issue de Crespano

Alors que la majorité des patronymes typiques de l’Asolano se sont formés au cours des XVe et XVIe siècles, Guadagnin(i) fait partie des rares patronymes plus anciens qui ont traversé les siècles et sont arrivés intacts jusqu’à l’époque contemporaine. Il en est fait état en effet dès le XIVe siècle dans divers documents. Son fondateur Guadagnin del fu Odorico da Crespano (Guadagnin, fils du défunt Odorico de Crespano) est cité dans un acte notarié daté du 1er mai 1384.Lire la suite…


Origine des Andreatta de Fietta

Dans la Pedemontana, le patronyme Andreatta est typique de Fietta. Il s’est ensuite diffusé à Paderno, Crespano, Fonte ou San Zenone. Il est effectivement mentionné dans les textes à la fin du XVe siècle mais des documents plus anciens suggèrent que la famille aurait déjà pu être présente à Fietta en 1224.

Au XIIIe siècle : Lazzaro da Fietta

Des Chegna aux Andreatta et aux Fietta (Cliquez sur l’image pour agrandir l’arbre dans une nouvelle fenêtre)

Lazzaro da Fietta a rédigé son testament le 16 juin 1224, léguant ses biens à ses deux fils, Giacobino et Odorico. Si le second est parti à Treviso, Giacobino est resté à Fietta. Son petit-fils (?), lui-même fils d’un Lazzaro, Giacobino detto Chegna (Giacobino dit Chegna) y achète des terres, selon un acte daté du 29 juin 1340.

Par la suite, le petit-fils de Giacobino est présenté dans les actes comme Biasio detto del Schiva. Ses trois fils portent le nom del Schiva mais au patronyme de l’aîné, prénommé Andrea, est accolé le surnom Andreatta, sans doute du fait de son prénom. Il devient donc Andrea del Schiva detto Andreatta. Un siècle plus tard, ses descendants sont appelés simplement Andreatta. La famille de son petit-fils Bartolomeo va s’établir dans le lieu-dit Canil, toponyme qui sera son surnom (Andreatta detto Canil ou da Canil) avant de devenir le patronyme de ses descendants. Le patronyme Canil est encore présent aujourd’hui à Paderno.

Le neveu d’Andrea, Giovanni del Schiva, vit avec son oncle dont il adopte le nom, sous la forme Giovanni Andreatta del Schiva.

Certaines branches de la famille se sont par la suite établies dans des villes voisines : Bassano, Asolo, Paderno… C’est le cas de Giovanni Andreatta Del Schiva et de ses descendants. Les membres de cette famille on alors été appelés da Fietta ou Fietta, en référence à leur village d’origine, et les patronymes Andreatta ou del Schiva n’ont progressivement plus été utilisés pour les désigner.

La « villa Fietta » à Paderno del Grappa

La branche d’Andrea, puis de Biasio son fils, a pris une place importante dans l’histoire de Fietta. En 1472, la famille de Biasio del Schiva, était la plus riche de Fietta. Il n’est donc pas étonnant qu’elle se soit liée par mariage avec la famille des Guadagnini, qui dominait pour sa part la ville voisine de Crespano : Maria, la sœur de Biasio, a épousé le discretus vir Pietro Guadagnini, fils de Giovanni, et Giovittore, le fils de Biasio, a épousé Caterina Guadagnini, fille du discretus vir Bartolomeo Guadagnini et petite-fille du même Giovanni Guadagnini.

Andrea del Schiva detto Andreatta semble donc être l’ancêtre de bon nombre de familles Andreatta et Canil, dont certaines vivent encore aujourd’hui à Fietta et Paderno. Alvise Andreatta, le fondateur de la branche des « Lovisat » à laquelle appartient mon arrière grand-mère Maria Andreatta, descend en ligne directe du couple formé par Giovittore Andreatta et Caterina Guadagnini.

Au XVIIIe siècle : le patronyme le plus porté à Paderno et Fietta

En 1759, Fietta et Paderno comptaient 47 foyers Andreatta (269 personnes). En 1815, 22 familles Andreatta vivaient à Paderno (soit 95 personnes) et 35 à Fietta (184 personnes). En 2004, Andreatta était encore l’un des patronymes les plus portés à Paderno et Fietta.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, jusqu’à 15 % de la population de la commune s’appelait Andreatta. Du fait de cette domination les divers foyers se sont vu attribuer des surnoms patronymiques (ménda) destinés à les différencier. Les surnoms étaient en général formés à partir d’un toponyme ou à partir du prénom du chef de famille. C’est ainsi qu’en 1815 on pouvait trouver à Paderno et Fietta des Andreatta « detto » Aiuto, Benet, Buset, Campagner, Campaner, Campo, Canevela, Canton, Chioret, Colomber, Costa, Cracio, Crostol, Cussoret, Formin, Franco, Gheno, Giachesa, Giachessa, Giorno, Lovisat, Mae, Mecoli, Meriga, Nanon, Paroncin, Patronio, Petronio, Pittus, Rechia, Sarenta

La branche de mon arrière grand-mère est celle des « Lovisat », ménda dérivée du prénom de son ancêtre Alvise (équivalent vénitien de Luigi) Andreatta. Mais du XVIIe au XXe siècle, une déclinaison et de nouveaux surnoms ont fait leur apparition parmi les rameaux des Andreatta detti Lovisat :

Lovisat (branche de Giobatta, fils d’Alvise) Lovisat (Branche de Gerolamo, fils d’Alvise)
Lovisat

  • Berna
    • Luisat de la Moma
    • Sisto
    • Baldi
    • Ventura
  • De la Botega
  • Luisat de la Moma
    • Luisat Scarperol
    • Toniet Luvisat
    • Maschio
Lovisat

  • Zanol
  • Russo
  • Gir
  • Luisat dei Boschi
    • Luisat
    • Bernardi
    • Cich

Variantes et surnoms

Je pense ne pas me tromper beaucoup en disant qu’à travers le monde (hormis en Italie) tous les porteurs du patronyme Vedovotto s’accordent sur un point : il est très rare que leur nom soit écrit ou lu correctement par une personne qui le rencontre pour la première fois. Ma mère en avait un jour listé de tête une trentaine de variantes différentes, entendues ou lues sur des courriers reçus.
Au cours de mes pérégrinations sur internet, j’ai pu constater que les Américains avaient autant de mal que les Français avec ce patronyme. Dans les divers documents examinés, je l’ai vu écrit Vedovatto, Vedovoto, Vedotto… Au Brésil, il a été transformé en Vedovoto, simplification introduite par un employé de l’état civil, ou en Veduvoto, écriture plus conforme à la prononciation locale.
Mais l’avantage de rechercher des informations sur des personnes portant un nom aussi peu répandu, c’est que même lorsqu’on trouve quelque chose qui ne fait que s’en approcher phonétiquement, il s’agit presque toujours d’une bonne piste !
Les actes d’état civil enregistrés à Borso montrent eux mêmes des variantes : Vedovotto, Vedovoto, Vedootto, Vedooto… Il a fallu quelques siècles pour que la graphie actuelle se pérennise. Avant cela, les formes sont diverses, issues de la langue vénitienne ou des abréviations utilisées par les prêtres.

En voici un petit florilège :

Hebergeur d'Images Gratuit 1602 : orthographe actuelle sans majuscule et écriture très lisible
Hebergeur d'Images Gratuit 1610 : un seul t, mais écrit en entier
Hebergeur d'Images Gratuit 1616 : la fin est abrégée
Hebergeur d'Images Gratuit 1642 : l’œil aguerri d’un spécialiste est indispensable pour reconnaître Vedovotto dans cette version qui tient plus du parafe !
Hebergeur d'Images Gratuit 1644 : retour de l’orthographe la plus riche, avec une majuscule
Hebergeur d'Images Gratuit 1790 : le « v » inutile, car éludé par la prononciation vénitienne, est absent. Mais les deux « t » restent
Hebergeur d'Images Gratuit 1811 : le strict nécessaire, sans « v » et avec un seul « t »
Paesan, Iano et Benetel

Comme c’est le cas pour de nombreux patronymes de Borso, des surnoms ont été donnés au fil du temps aux différentes familles Vedovotto, afin de les différencier. Quelques branches ont ainsi émergé, dont les prêtres se sont parfois fait l’écho jusque dans les registres paroissiaux :

  • Celle des Paesan, descendants de Bernardino de Cogno, fils de Benedetto :

    2 avril 1875 Baptême de « Vedovotto Maria q. Giovanni paesan »

  • Celle des Benetel, sous-branche des « Paesan » qui concerne (entre autres ?) Giovanni Vedovotto, mon aïeul, et ses descendants, donc mon grand-père Sebastiano, mon père ou moi :

    7 juin 1890 Inhumation de « Vedovoto Secondo di Giovanni Benetel »

  • Celle des Iano, descendants d’Antonio de Cogno, fils de Benedetto et frère de Bernardino. Ce surnom est parfois écrit Giano ou Jano :

    8 janvier 1889 Inhumation de « Vedovoto Giambattista figlio di Luigi Giano »


Origine des Vedovotto de Borso

Les actes paroissiaux datant de la première moitié du XVIe siècle montrent qu’avant que le patronyme Vedovotto n’apparaisse à Borso, après 1550, mes ancêtres étaient appelés de Cogno (orthographié parfois Cogno, di Cogno, de Cugno ou de Cognio).

Un ancêtre commun : Benedetto de Cogno

Origine des Vedovotto de Borso (Cliquez sur l’image pour l’agrandir dans une nouvelle fenêtre)

Tous les Vedovotto de Borso descendent d’un ancêtre commun ayant vécu au XVIe siècle : Benedetto de Cogno. Il habitait à Borso en 1519 et comptait alors parmi les habitants les plus riches, possédant de nombreux biens fonciers, comme en fait état l’inventaire de ses biens, enregistré en 1530 à Asolo après sa mort. Benedetto de Cogno est pourtant introuvable dans l’estimation précédente (1495), certes incomplète, des biens des citoyens de Borso.

La question qui se pose aujourd’hui est donc la suivante : la famille de Cogno était-elle établie depuis plus longtemps à Borso ou Benedetto est-il venu s’installer dans la commune depuis une autre ville ?

1577 : extrait du partage des biens de « q. Bernardin de cugno de bursio (borso) » entre ses fils Benedictur (Benedetto), Baptista (Battista) et Johannis (Giomaria)

De « de Cogno » à « Vedovotto »

Alors que « de Cogno » a dominé le XVIe siècle, « Vedovotto » s’est définitivement affirmé dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Mais les deux patronymes ont cohabité dans les textes durant au moins un siècle, comme le montrent par exemple les actes de baptêmes de deux des enfants de Piero Vedovotto / de Cogno et de sa femme Maria :

21 novembre 1597, Borso. Acte de baptême de Madalena fille de « ser Piero Vedovotto » et « Donna Maria sua moglie ».

28 mars 1599, Borso. Acte de baptême de Madalena de « Piero de Cogno » et « Maria da Borso ».

Sur l’acte de décès de « ser Giacomo di Cogno », daté du 31/01/1627, le prêtre a écrit les deux noms, semblant ajouter « Vedovotto » dans un second temps.

Un patronyme né à Borso ?

L’étymologie de Vedovotto est vraisemblablement liée au surnom donné à un membre de la famille identifié comme le fils (ainé ?) d’un veuf. J’ignore encore l’identité de ce « fils de veuf ».

Depuis que j’ai débuté ce travail généalogique, je me pose la question de savoir si tous les Vedovotto du monde ne pourraient pas être reliés à un même ancêtre commun, né à Borso del Grappa.

Outre son côté sympathique, cette hypothèse me semble étayée par différentes constatations :

  • Ce patronyme est très peu porté dans le monde, y compris en Italie (14 communes). En Italie il est très majoritairement présent en Vénétie, et au sein de la Vénétie, très majoritairement présent à Borso del Grappa, qui apparaît donc à ce jour comme le principal foyer du patronyme,
  • Selon Gabriele Farronato, tous les Vedovotto de Borso descendent d’un ancêtre commun,
  • Dans la base de données de Ellis Island, qui recense les personnes entrées sur le territoire des USA entre 1892 et 1924, tous les immigrants enregistrés sous le patronyme Vedovotto ont déclaré être né ou venir de Borso,
  • Tous les Vedovotto ou descendants de Vedovotto que j’ai réussi à contacter, en Italie, en France, aux USA ou au Brésil, m’ont confirmé que leurs ancêtres portant ce patronyme venaient soit de Borso, soit de Càorle.

Il existe en effet une branche de « Vedovotto » dans la province de Venise, sur le littoral à Càorle, Eraclea, Jesolo…, qui s’est ensuite ramifiée vers Rome. Je ne connais pas son origine, mais je pense que son existence ne remet pas forcément en question mon hypothèse. Cette branche pourrait en effet être issue d’un borsato qui aurait émigré vers Venise. Les relations régulières entre les ceux zones sont attestées depuis au moins le XVIIIe siècle (voir Les migrations dans la Sérénissime). Il ne semble donc pas absurde de considérer qu’un Vedovotto né à Borso aurait pu décider un jour de s’installer plus près du littoral.

Bien sûr, je n’ai aucune certitude en la matière, et je n’en aurai peut-être jamais. Mais je me plais à rêver d’un arbre généalogique reliant les Vedovotto du monde entier….

Carte de répartition des foyers Vedovotto en Italie

Carte de répartition des foyers Vedovotto en Vénétie