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Chronique familiale

Parce que les noms ne sont rien sans l’histoire de ceux qui les ont portés, je vais essayer ici de retranscrire ce que je découvre peu à peu au sujet de l’histoire et de la vie quotidienne de ma famille italienne.
Tout comme mon arbre généalogique, j’espère que cette chronique ne sera jamais vraiment finie. Tous deux s’enrichiront au fil du temps et de mes découvertes…

Les documents sur lesquels je me suis appuyée pour rédiger ces pages sont regroupés dans le chapitre « Sources », en fin de chronique.

Liens vers la version pdf de cette chronique :
Version française (mise à jour septembre 2013)
Versione italiana (mise à jour juillet 2011)

Mon « histoire de famille » en version flipboard :

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Pourquoi ce site ?

Ce site présente ma généalogie paternelle, fortement enracinée dans la province de Trévise, en Vénétie (Italie). Il concerne les familles Vedovotto et Guadagnin originaires de Borso del Grappa mais dont certains membres ont disséminé des branches sur presque tous les continents. Cet arbre généalogique détaille les ascendants de mes grands-parents ainsi que les branches collatérales.

J’ai également mis en ligne un rameau, que dis-je, une « branchouille » qui concerne les Vedovotto de la province de Venise, laquelle branchouille s’est également étirée vers Rome ou le Brésil. Je garde bien sûr le secret espoir de parvenir un jour à confirmer mon hypothèse selon laquelle ces deux arbres ne feraient qu’un. Je suis donc toujours sur la trace du chainon manquant qui les relierait…Lire la suite…


Galerie de personnages

(Cliquez sur les portraits pour les agrandir)

Les Fietta et Dal Corno

Issues de Giovanni Antonio del Schiva, ces branches ont peu à peu intégré le monde des notables de Paderno, Asolo ou Bassano.

Lazzaro Fietta, comte dal Corno

Le petit-fils de Giovanni Antonio, Giovanni Andreatta del Schiva, appelé par la suite Giovanni Fietta lorsqu’il s’établira à Asolo, épouse Elisabetta dal Corno, issue d’une famille bien établie à Bassano.

Le fils ainé du couple, Lazzaro, se montre particulièrement attentionné envers son grand-père maternel, Zanetto dal Corno, au point que ce dernier, qui n’a pas eu de fils, finit par le reconnaître comme son fils adoptif. Lazzaro se fait dès lors appeler dal Corno, et non plus da Fietta comme son père et son frère. Ses deux fils porteront à leur tour le patronyme dal Corno.

A la mort de son grand-père, alors que sa mère était déjà décédée, Lazzaro fait valoir qu’il n’est pas seulement le petit-fils de Zanetto mais son fils adoptif et donc à ce titre son unique héritier. Il réussit ainsi à déposséder son frère Bortolamio de sa part d’héritage !

Un de ses autres « faits d’armes » a été raconté par Ottone Brentari dans l’ouvrage Storia di Bassano e del suo territorio (1884) : Alors que le 2 novembre 1532, Charles Quint passait à Bassano au cours d’un voyage, il s’est arrêté sur le pont afin d’admirer le paysage. Lazzaro dal Corno s’est alors approché pour se lancer dans un panégyrique du souverain. Il semble que ce dernier ait particulièrement apprécié cet hommage car une semaine plus tard, un diplomate venu de Mantoue remettait à Lazzaro un document le nommant « comte palatin » et lui donnant le droit de désigner des notaires et de reconnaître ses enfants illégitimes.

Dès lors, il était devenu le « Comte Lazarro dal Corno ».

Dans l’ouvrage « Saggio di memorie degli uomini illustri di Asolo » (Pietro Trieste de Pellegrini, Venezia, 1780), il est écrit que Lazzaro Fietta est apparenté à la famille Ardici, surnommée « da Fietta », famille trévisane dont la noblesse remonte au XIIIe siècle. Un ouvrage postérieur « Repertorio genealogico delle famiglie confermate nobili e dei titolati nobili esistente nelle provincie venete » (Franz Schröder, Venezia, 1821), propose pourtant une autre ascendance, qui rejoint celle déterminée par Gabrielle Farronato et qui me semble beaucoup plus crédible. Lazzaro Fietta, même s’il a bien été nommé comte palatin et que ce titre a par la suite été transmis à ses descendants, descendait selon toute vraisemblance d’une famille non noble originaire du village de Fietta.

Bartolomeo Fietta

Giovanni Fietta n’a sans doute pas apprécié de voir son fils ainé déposséder son cadet. En 1546, il demande au podestat d’Asolo d’émanciper son second fils Bartolomeo et en fait son unique héritier, déshéritant donc Lazzaro. Bartolomeo hérite entre autres un bâtiment en cours de construction à Paderno, qui deviendra le « Palazzo dei Fietta » ou « Villa Fietta » et qui accueille aujourd’hui l’Istituto Filippin.

Bien que spolié par son frère, Bartolomeo a donc mené une vie de notable entre Asolo et Paderno, devenant « consigliere ordinario » d’Asolo en 1555, ce qui permet à la famille d’intégrer la noblesse d’Asolo. Sur le tableau ci-contre, il est dit « vir optimus« . Ses descendants purent en outre bénéficier à partir de 1755 du titre de comte palatin qu’avait obtenu son frère.

Girolamo Fietta

Sur ce tableau figure le texte suivant :

HIERONIMUS FIETTA BARTH. F.

EDUARDI FARNESII PARMAE DUC. STIPENDIIS

HONORIFICO GRADU CONDUCTUS PRO VEN. REP.

CRETENSI BELLO STRENVE MILITAVIT

NICOTIANAM HERBAM AD VENETOS

PRIMUS ATTULIT. OBIIT 1658 AET 39

Il nous apprend donc que Girolamo Fietta a été au service d’Edouard Farnese, duc de Parme et qu’il a rendu de grands services à la République de Venise, se comportant vaillamment durant la guerre de Crète. Nous découvrons aussi que Girolamo a été le premier à introduire le tabac (nicotianam herbam = l’herbe à Nicot) en Vénétie !

Du fait de sa bravoure au combat, il avait en effet obtenu du doge l’autorisation de cultiver le tabac sur ses terres d’Asolo. Il est mort au cours d’une partie de chasse, tué accidentellement par son ami Paolo de Pardis.

Les Guadagnini et Guadagnin

Giacomo Guadagnini

Portrait peint en 1580 par Francesco da Ponte et représentant un notable, peut-être membre de la famille Guadagnini… (Source : Kunsthistorisches Museum, Vienne)

Marina da Ponte, sa mère, était la fille de Francesco da Ponte, ou « Francesco Bassano il giovane », et la petite-fille de Jacopo dal Ponte (dit Jacopo Bassano), fondateur de la tendance picturale maniériste connue sous le nom d’école de Bassano. Giacomo Guadagnini a été formé à la peinture par son grand-oncle Gerolamo da Ponte et fut lui aussi un peintre de l’école de Bassano. Son talent ne devait pourtant pas atteindre celui de son maître, et sa réputation est restée celle d’un très bon copiste.

Alpino Alpini

Prospero Alpini, père d’Alpino

Fils de Guadagnina Guadagnini et de Prospero Alpini, Alpino Alpini a suivi les traces de son père, fondateur du jardin botanique de Padoue, en devenant à son tour médecin et botaniste. Alpino succède ainsi à Prospero à la chaire de botanique de Padoue. Ayant vécu trois ans en Égypte, Prospero en a décrit les plantes dans ses ouvrages. Il est ainsi le premier en Europe à décrire le caféier et l’usage de la décoction de ses grains semi-torréfiés, connue sous le nom de « caova » par les Égyptiens et les Arabes. C’est donc grâce à lui que le café a acquis ses lettres de noblesse en Italie ! Le genre Alpinia, de la famille des Zingiberaceae, lui a été dédié.

Giovanni Maria Guadagnini

Sépulture de Gio:Maria Guadagnini, dans l’église Santa Catarina de Bassano

Docteur en droit, Gio:Maria Guadagnini reçut la charge d’administrateur des vicairies de Vicenza, Verona, Bergamo et Crema. Mort jeune, à seulement 38 ans, il laissa malgré tout une empreinte durable à Bassano. Il fut inhumé dans un sépulcre de marbre qu’il avait fait construire dans l’église Santa Catarina de Bassano, sur lequel il ordonna de ne pas faire figurer ses armes, car « le bon souvenir qu’il laisserait suffirait à faire honneur à sa famille, à ses descendants et à sa patrie ». Parmi ses héritiers figuraient ses neveux Mario et Giacomo, « à la condition qu’ils obtiennent leur doctorat en philosophie avant l’âge de 25 ans ».

 


Destins particuliers

 

Une condamnation à mort

Giacobino Chegna, notaire à Treviso, a été jugé et condamné à mort pour avoir participé à la « conspiration des notaires » en 1356, dont le but était de remettre Treviso aux mains de Luigi d’Ungheria, allié des da Carrara, qui avait envahi la Vénétie et assiégeait la ville.

Un homicide

Le 13 octobre 1410 : le corps de Benedetto del Schiva est retrouvé près de la fontaine Bader, à Fietta. Il présente dix blessures avec effusions de sang. Son fils Zanantonio, déclare qu’il était parti au pâturage. Les deux accusés sont Domenico della Creazza et son fils Cumino, qui s’étaient battus juste avant avec Zanantonio et Benedetto, suite à un ancien contentieux entre les deux familles. Les deux hommes s’étant enfuis, ils sont condamnés par contumace au bannissement perpétuel, ou à la peine de mort s’ils venaient à être capturés.

Ensevelis sous leur maison

Le tremblement de terre de la Santa Costanza, qui a violemment frappé l’Asolano le 25 février 1695, a été fatal à trois membres de la famille Guadagnin : Bernardino Guadagnin, sa femme Maria Bertolo et leur dernière fille Domenica, âgée de cinq ans, sont morts à Borso ce jour, ensevelis sous les décombres de leur maison.

Un suicide

Le 13 août 1812, Giovanni Vedovotto s’est donné la mort à 48 ans. Sur son certificat d’inhumation, le prêtre a écrit :

« afflito da mallatia scorbutica, e divenuto delirante, si toglie in ieri da se stesso la vita con un laccio. Egli era uomo di bonissimi costumi e sempre vissuto cristianamente et pocchi giorni prima avea fatta la confessione di suoi peccati« . (Atteint du scorbut, il est devenu fou et s’est ôté la vie avec une corde. C’était un très honnête homme qui avait toujours vécu chrétiennement et qui avait confessé ses péchés peu de jours auparavant.)

Je ne sais pas si le scorbut peut effectivement rendre fou, ou si Giovanni était atteint d’une autre maladie, mais le prêtre n’a pas eu le cœur de refuser à ce bon chrétien une sépulture religieuse, malgré son geste fermement réprimé par l’Église.

Victimes de guerres

1915-1918

1939-1945

  • Giacinto Andreatta est décédé à 23 ans le 4 avril 1943, en Croatie.
  • Luigi Vedovotto est décédé à 22 ans le 14 février 1944, en Grèce.
  • Albino Vedovotto a été fait prisonnier à Borso par les nazis du commando Andorfer, lors du « rastrellamento del Grappa », puis pendu à Bassano le 26 septembre 1944, à l’âge de 24 ans. Une plaque à sa mémoire est posée sur l’un des arbres de la « Viale dei martiri », à Bassano del Grappa.
  • Eugenio Andreatta est décédé à 21 ans le 11 avril 1945, au camp de concentration d’Aufkirch, situé près d’Überlingen, dans le Bade-Württenberg en Allemagne. Il est inhumé au cimetière proche, à Birnau.

Paderno del Grappa et Fietta

Armoiries de Paderno del Grappa

La commune de Paderno del Grappa est située dans la province de Trévise, En Vénétie. Elle se trouve à 58 km au nord de Venise et à 5 km à l’est de Borso del Grappa. Sa superficie est de 19,5 km² et ses coordonnées sont 45°49 46 N et 11°51 35 E.

L’hôtel de ville est à une altitude de 292 m. Tout comme Borso, Paderno est située au pied du Monte Grappa, sur la bande préalpine qui s’étire du Brenta au Piave, et s’étend entre le massif calcaire préalpin et les collines qui descendent doucement vers la plaine du Pô et Venise.
La ville s’est appelée Paderno jusqu’en 1867, Paderno d’Asolo de 1867 à 1920, et Paderno del Grappa à partir de 1920. Comme celui d’autres communes situées au pied du Monte Grappa, son nom a en effet été complété avec le suffixe « del Grappa » après la première guerre mondiale, en souvenir des combats qui se sont déroulés dans le massif.

Fietta : le hameau des Andreatta

Fietta : Le hameau de San Andrea et sa chapelle

Le hameau de Fietta est distant du centre de Paderno del Grappa de 1,89 km et s’élève à une altitude de 382 m. Durant la République de Venise, il était inclus dans le podestat d’Asolo. Devenu indépendant en 1806, après l’intégration de la Vénétie dans l’empire Napoléonien, il fut inclus dans la commune de Crespano dès 1808. Depuis 1819, il dépend de la commune de Paderno del Grappa,
Bâti sur les pentes du Monte Grappa, le hameau possède un relief plus montagneux que celui du centre de Paderno. Fietta est d’ailleurs la paroisse à l’altitude la plus élevée du diocèse de Trévise.
Fietta est le berceau du patronyme Andreatta, porté par mon arrière grand-mère, dans la province de Trévise. Il s’y trouve d’ailleurs une chapelle dédiée au « saint patron » de la famille : San Andrea, construite au XIVe siècle.

La famille Lovisat à Fietta, dans les années 1920

La famille Andreatta est présente à Fietta depuis au moins le début du XIIIe siècle, avec Lazzaro da Fietta et ses fils Giacobino et Odorico. En 1815, 35 familles Andreatta (184 personnes) vivaient à Fietta et 22 (95 personnes) à Paderno. Ce patronyme étant si fréquent, la différenciation des différentes branches passait fréquemment par l’attribution de surnoms.
Celui de la famille de mon arrière grand-mère était « Lovisat », dérivé du nom de son ancêtre « Alvise Andreatta », qui vécut à Fietta durant la première moitié du XVIIe siècle.


Borso del Grappa

Armoiries de Borso del Grappa


En commençant ce travail de recherche généalogique, je savais bien sûr que mon père et mes grands-parents paternels étaient originaires de Borso del Grappa, petite ville de la province de Trévise, en Vénétie. Mais je n’imaginais pas à quel point l’histoire de la grande majorité de mes ancêtres italiens était liée à cette cité, à commencer par le patronyme Vedovotto qui en est originaire.

Borso del Grappa est une commune rattachée à la province de Trévise et à la région Vénétie. Sa superficie est de 33,0 km², sa latitude de 45° 49 15 Nord, sa longitude de 11° 47 46 Est.
Son altitude moyenne est de 279 mètres mais le bourg principal est situé à 700 m. Nichée au pied du Monte Grappa, sur la bande préalpine qui va du Brenta au Piave. Borso s’étire entre le massif calcaire préalpin et les collines qui descendent doucement vers la plaine du Pô et Venise.
La ville s’est appelée Borso jusqu’en 1920. Comme celui d’autres communes situées au pied du Monte Grappa, son nom a été complété avec le suffixe « del Grappa » après la première guerre mondiale, en souvenir des combats qui se sont déroulés dans le massif.
Le territoire de la commune regroupe actuellement les hameaux de Cassanego, Semonzo et Sant’Eulalia, qui en ont parfois été séparés administrativement à certaines époques de leur histoire.
Le bourg est depuis longtemps divisé en quartiers (contrada, ou contrà en vénitien), dont les noms sont aujourd’hui repris dans ceux de certaines rues.
La branche des Vedovotto « Iano » a presque toujours été recensée dans la « contrada Rore », alors que celles des « Paesan » et des « Benetel » semblent s’être fixées dans la « contrada Chiesure ». La maison de mes grands-parents, dans laquelle mon père a grandi a aujourd’hui pour adresse « via Chiesure ». Elle héberge des membres de ma famille depuis plusieurs générations et était autrefois divisée en deux logements, occupés respectivement à une époque par les familles de Domenico Vedovotto et Maria Andreatta et d’Antonio Vedovotto (frère de Domenico) et Teresa Andreatta (sœur de Maria).

Borso, via Chiesure


La maison familiale, autrefois divisée en deux logements


Mes grands-parents sur le seuil de leur maison, via Chiesure


Repères historiques

C’est à l’age du bronze (2ème millénaire avant Jésus Christ) que les Euganéens s’implantent sur le territoire qui ne s’appelle pas encore Vénétie. Ils sont suivis par les Vénètes, un peuple venu de Paphlagonie (côte nord de l’actuelle Turquie) environ 1000 ans avant J.C, après la chute de Troie, en remontant la mer Adriatique. Les Vénètes ont légué leur nom à la région. Selon certains historiens, ces Vénètes de Paphlagonie seraient originaires de la Lusace, une régiond du nord-est de l’Allemagne actuelle, aux confins de la Pologne et de la République Tchèque. Cette population pacifique, réputée pour ses élevages de chevaux, est l’une des premières à faire le commerce de l’ambre de la Baltique, qu’elle vend aux Étrusques et aux Grecs. Elle s’allie aux Romains pour défendre le territoire contre l’invasion des Gaulois.
Dès le IIe siècle avant J.C., après leur victoire définitive sur les Gaulois, les Romains commencent à étendre leur culture sur la Gaule Cisalpine (au nord du Pô). Ils fondent de nombreuses colonies et construisent d’importants axes de communication, comme la « voie Postumia », qui relie Ianua (Gênes) à Aquileia (Aquilée), et la « voie Aurelia » qui débute à Patavium (Padoue) et rejoint Acelum (Asolo) et Feltria (Feltre) en croisant la voie Postumia. Les Romains étendent le droit latin à ce territoire en 89 avant J.C. et accordent la nationalité romaine à ses habitants entre 49 et 42 avant J.C. La Vénétie est alors l’une des onze régions de l’Italie Romaine (Regio X: Venetia et Histria).

Après la chute de l’Empire Romain d’Occident en 476, la Vénétie passe sous l’autorité de l’Empire Byzantin, avant d’acquérir de facto son indépendance à la fin du VIIe siècle. A partir du VIe siècle, la Vénétie est envahie par les Longobards (ou Lombards), peuple germanique appartenant au sous-groupe des «Germains de l’Elbe» dont le nom signifierait «les longues barbes» ou «les longues hallebardes». Ces derniers opèrent une véritable colonisation, arrivant avec femmes et enfants pour repeupler une région dont la population a été décimée par la peste et les famines, dont la tristement célèbre famine de 565 après J.C. Leur domination sur l’Italie du nord prend fin en 774 mais leur influence fut si importante que leurs lois ont été conservées durant des siècles. Au milieu du XIè siècle, la quasi totalité des populations rurales suivaient encore la loi longobarde, ou salique. De nombreux toponymes et patronymes vénitiens actuels dérivent de la langue germanique des Longobards, tout comme beaucoup de mots de la langue vénitienne.

Armoiries de la République de Venise

A partir de 697, c’est le pouvoir de la République de Venise ou «Sérénissime» qui s’installe pour un millénaire. Cet état, constitué progressivement autour de la cité de Venise, s’est développé par l’annexion de territoires divers et de comptoirs commerciaux le long des côtes de la Mer Adriatique, en Méditerranée orientale et en Italie du nord jusqu’à devenir une des principales puissances économiques européennes. L’Asolano de mes ancêtres y est inclus à la fin du XIVe siècle.
En 1784, la République de Venise est le premier état au monde à reconnaître l’indépendance des États Unis d’Amérique. Deux ans plus tard, Thomas Moore, Benjamin Franklin et Thomas Jefferson viennent en délégation à Venise afin d’étudier les lois et la constitution vénitiennes. La constitution américaine, encore en vigueur aujourd’hui, a été largement inspirée de celle de la «Sérénissime».

Mais après plus d’un millénaire de stabilité et de prospérité, la Sérénissime tombe à la fin du XVIIIe siècle et l’histoire de la Vénétie connaît de nombreux changements :
* mai 1797 : Suite à la première campagne d’Italie, Napoléon Bonaparte met fin à la Sérénissime et contraint le dernier Doge, Ludovico Manin, à abdiquer
* octobre 1797 : Par le traité de Campo Formio, Napoléon Bonaparte livre la Vénétie à l’Autriche, en échange de la Belgique
* 26 décembre 1805 : Le traité de Presbourg met fin à la domination Autrichienne, suite aux victoires napoléoniennes d’Ulm et d’Austerlitz. La Vénétie intègre le Royaume napoléonien d’Italie
* 1815 : Suite au traité de Vienne à la fin du règne de Napoléon, la Vénétie revient à l’Empire d’Autriche,
* 4 novembre 1866 : après la troisième guerre d’indépendance italienne, qui voit la victoire des alliés Prussiens sur l’Autriche, la Vénétie intègre l’État Italien, une monarchie constitutionnelle
* juin 1946 : un référendum met fin à la royauté, la République italienne est proclamée et la famille royale est exilée.