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Y comme Y’a (pas) à tortiller

Car pour se tortiller elles se tortillent, les routes qui montent au Monte Grappa !

Depuis le versant sud du massif, deux voies sont possibles :

L’une des 28 épingles à cheveux (photographie Gianluca Rossato)

  • la « strada Cadorna », construite sur les ordres du général Cadorna lors de la première guerre mondiale, part de Romano d’Ezzelino et rejoint le sommet après 27 kilomètres
  • la montée « Giardino » démarre à Semonzo : 28 virages en 20 km, près de 1500 m de dénivelé et une pente à 10% dans la majeure partie de la montée

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Les migrations dans la Sérénissime

Des phénomènes de migration saisonnières sont attestés dans la pedemontana dès le XVIIIe siècle. Quatre grandes familles d’activités et quatre zones géographiques étaient essentiellement concernées par ces déplacements temporaires, dont la plupart ne dépassaient pas les limites de la Sérénissime :

  • la production de charbon de bois, qui amenait les familles à gagner vers Pâques des masures en zone forestière pour y vivre six mois environ
  • le travail de la laine, à Padoue et dans sa région
  • la récolte des feuilles de mûrier et le travail de la terre après les moissons, dans la région de Vérone
  • les activités pastorales, qui conduisaient bergers et troupeaux dans la zone de Venise durant l’automne et l’hiver

L’hivernage des troupeaux de bovins, ovins et caprins se déroulait en plaine, sur des terres incultes ou très peu productives, le long des fleuves, dans les zones marécageuses et inhabitables des côtes de l’Adriatique. Les zones les plus prisées étaient Gambarare di Mira, le Lido de Venise, Malamocco, Portogruaro, Càorle… Cette période prenait fin soit le 25 mars, date de l’Annonciation, soit le 23 avril pour la saint Georges. Les animaux et leurs gardiens avaient jusqu’au 31 mai pour gagner les prés de montagne. Ils y restaient à partir du 1er juin, pour une durée de 100 jours. Le 16 juillet, jour de la sainte Carmine, le lait était pesé pour déterminer le prix de location de l’alpage. La fête du 8 septembre sonnait le début de la descente des alpages, qui devait être terminée pour la saint Michel, le 29 septembre. Le chemin de la transhumance empruntait les routes, afin de ne pas endommager les cultures. Des documents datés de 1700 montrent que certains de mes ancêtres ont payé cette année là des droits de location de terres dans la « montagne de Borso ».

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Cette carte montre la localisation des zones d’émigration saisonnière des borsati (en bleu) par rapport à Borso (en rouge). (Augmentez le zoom grâce au bouton « + »)

Les registres se sont parfois faits les témoins de ce mode de vie. C’est ainsi que le registre des décès de Borso comporte la transcription suivante, en date du 24 juin 1836 :

Ce texte nous apprend que : « Pietro Guadagnin, fils des feux Giovanni et Antonia Simoncello né le 4 juillet 1784 et époux de Maria Baccega, est mort le 24 juin 1836 à Trabeseleghe comme le stipule la lettre du prêtre de cette paroisse… Il était de retour des Gambarare… ».

Pietro Guadagnin a donc été victime à Trebaseleghe d’une fièvre qui l’a emporté en 24 heures, alors qu’il était sur le chemin de retour qui le conduisait des pâturages hivernaux de Gambarare à Borso. Trebaseleghe, dans la province de Padoue, se situe en effet sur le chemin entre Gambarare et Borso. Il existe un autre lien entre cette cité et le patronyme Guadagnin : c’est également de là que vient la majorité des ancêtres des familles Guadagnin vivant au Brésil et répertoriées par l’association « familia Guadagnin » (voir « sources »). Cette ville était connue des habitants de la pedemontana qui pratiquaient la transhumance avec les troupeaux et il n’est donc pas impossible que les Guadagnin qui y vivaient aient eu des racines à Borso ou Crespano. Mais à l’heure actuelle, rien ne me permet d’étayer cette hypothèse.

Ce mode de vie imposant de vivre plusieurs mois par an loin de sa maison était sans doute très pénible, et certains habitants de la pedemontana se sont résolus à s’établir de manière définitive dans les environs des grandes cités où ils allaient chercher du travail. Une émigration définitive, mais circonscrite à la Vénétie, a donc peu à peu pris place dès le XVIIIe siècle. La province de Venise en particulier, a vu s’installer certaines familles de Borso, Romano, Semonzo, Crespano… voilà 2 voire 3 siècles. Dans son ouvrage sur l’histoire de Semonzo, Gabriele Farronato constate ainsi qu’au début du XXIe siècle, des patronymes typiques de cette zone, comme Andriollo, Citton, Cosma ou Spezzamonte, sont plus fréquents à Venise qu’à Semonzo.

Cette émigration ancienne dans la province de Venise en provenance de la pedemontana pourrait expliquer la présence actuelle d’une souche de Vedovotto dans la zone de San Dona di Piave, Eraclea, Càorle, Iesolo… La trace la plus ancienne de cette branche que j’ai pu retrouver la situe à La Salute di Livenza (commune de Santo Stino di Livenza) à la fin du XVIIIe siècle. C’est là qu’est né Giovanni Vedovotto, avant d’épouser Domenica Schiavon le 25/10/1813 à San Giorgio di Livenza (commune de Càorle). Ses enfants se sont par la suite installés à Ca’ Corniani et Ca’ Cottoni, des territoires peu distants du centre de Càorle et aménagés au XVIII et au début du XIXe siècles sur d’anciens marécages, pour y développer des activités de production agricole.

Ca’ Corniani au début du XXe siècle

Les « anciens » Vedovotto de Càorle disent que tous descendent de la même branche mais le souvenir d’une possible origine venant de Borso est vague. Ceux de Borso ne savent rien d’une possible émigration de leurs ancêtres vers la côte. Cela ne suffit pas cependant à infirmer l’hypothèse d’un lien, car si ce déplacement a eu lieu voilà deux ou trois siècles, son souvenir a pu se perdre. Comme pour les Guadagnin de Trebaseleghe, il me manque le chaînon qui me permettrait de relier avec certitude ces Vedovotto de Càorle à ma famille de Borso. Mais je continue à chercher…


Pourquoi ce site ?

Ce site présente ma généalogie paternelle, fortement enracinée dans la province de Trévise, en Vénétie (Italie). Il concerne les familles Vedovotto et Guadagnin originaires de Borso del Grappa mais dont certains membres ont disséminé des branches sur presque tous les continents. Cet arbre généalogique détaille les ascendants de mes grands-parents ainsi que les branches collatérales.

J’ai également mis en ligne un rameau, que dis-je, une « branchouille » qui concerne les Vedovotto de la province de Venise, laquelle branchouille s’est également étirée vers Rome ou le Brésil. Je garde bien sûr le secret espoir de parvenir un jour à confirmer mon hypothèse selon laquelle ces deux arbres ne feraient qu’un. Je suis donc toujours sur la trace du chainon manquant qui les relierait…Lire la suite…


Paderno del Grappa et Fietta

Armoiries de Paderno del Grappa

La commune de Paderno del Grappa est située dans la province de Trévise, En Vénétie. Elle se trouve à 58 km au nord de Venise et à 5 km à l’est de Borso del Grappa. Sa superficie est de 19,5 km² et ses coordonnées sont 45°49 46 N et 11°51 35 E.

L’hôtel de ville est à une altitude de 292 m. Tout comme Borso, Paderno est située au pied du Monte Grappa, sur la bande préalpine qui s’étire du Brenta au Piave, et s’étend entre le massif calcaire préalpin et les collines qui descendent doucement vers la plaine du Pô et Venise.
La ville s’est appelée Paderno jusqu’en 1867, Paderno d’Asolo de 1867 à 1920, et Paderno del Grappa à partir de 1920. Comme celui d’autres communes situées au pied du Monte Grappa, son nom a en effet été complété avec le suffixe « del Grappa » après la première guerre mondiale, en souvenir des combats qui se sont déroulés dans le massif.

Fietta : le hameau des Andreatta

Fietta : Le hameau de San Andrea et sa chapelle

Le hameau de Fietta est distant du centre de Paderno del Grappa de 1,89 km et s’élève à une altitude de 382 m. Durant la République de Venise, il était inclus dans le podestat d’Asolo. Devenu indépendant en 1806, après l’intégration de la Vénétie dans l’empire Napoléonien, il fut inclus dans la commune de Crespano dès 1808. Depuis 1819, il dépend de la commune de Paderno del Grappa,
Bâti sur les pentes du Monte Grappa, le hameau possède un relief plus montagneux que celui du centre de Paderno. Fietta est d’ailleurs la paroisse à l’altitude la plus élevée du diocèse de Trévise.
Fietta est le berceau du patronyme Andreatta, porté par mon arrière grand-mère, dans la province de Trévise. Il s’y trouve d’ailleurs une chapelle dédiée au « saint patron » de la famille : San Andrea, construite au XIVe siècle.

La famille Lovisat à Fietta, dans les années 1920

La famille Andreatta est présente à Fietta depuis au moins le début du XIIIe siècle, avec Lazzaro da Fietta et ses fils Giacobino et Odorico. En 1815, 35 familles Andreatta (184 personnes) vivaient à Fietta et 22 (95 personnes) à Paderno. Ce patronyme étant si fréquent, la différenciation des différentes branches passait fréquemment par l’attribution de surnoms.
Celui de la famille de mon arrière grand-mère était « Lovisat », dérivé du nom de son ancêtre « Alvise Andreatta », qui vécut à Fietta durant la première moitié du XVIIe siècle.


Borso del Grappa

Armoiries de Borso del Grappa


En commençant ce travail de recherche généalogique, je savais bien sûr que mon père et mes grands-parents paternels étaient originaires de Borso del Grappa, petite ville de la province de Trévise, en Vénétie. Mais je n’imaginais pas à quel point l’histoire de la grande majorité de mes ancêtres italiens était liée à cette cité, à commencer par le patronyme Vedovotto qui en est originaire.

Borso del Grappa est une commune rattachée à la province de Trévise et à la région Vénétie. Sa superficie est de 33,0 km², sa latitude de 45° 49 15 Nord, sa longitude de 11° 47 46 Est.
Son altitude moyenne est de 279 mètres mais le bourg principal est situé à 700 m. Nichée au pied du Monte Grappa, sur la bande préalpine qui va du Brenta au Piave. Borso s’étire entre le massif calcaire préalpin et les collines qui descendent doucement vers la plaine du Pô et Venise.
La ville s’est appelée Borso jusqu’en 1920. Comme celui d’autres communes situées au pied du Monte Grappa, son nom a été complété avec le suffixe « del Grappa » après la première guerre mondiale, en souvenir des combats qui se sont déroulés dans le massif.
Le territoire de la commune regroupe actuellement les hameaux de Cassanego, Semonzo et Sant’Eulalia, qui en ont parfois été séparés administrativement à certaines époques de leur histoire.
Le bourg est depuis longtemps divisé en quartiers (contrada, ou contrà en vénitien), dont les noms sont aujourd’hui repris dans ceux de certaines rues.
La branche des Vedovotto « Iano » a presque toujours été recensée dans la « contrada Rore », alors que celles des « Paesan » et des « Benetel » semblent s’être fixées dans la « contrada Chiesure ». La maison de mes grands-parents, dans laquelle mon père a grandi a aujourd’hui pour adresse « via Chiesure ». Elle héberge des membres de ma famille depuis plusieurs générations et était autrefois divisée en deux logements, occupés respectivement à une époque par les familles de Domenico Vedovotto et Maria Andreatta et d’Antonio Vedovotto (frère de Domenico) et Teresa Andreatta (sœur de Maria).

Borso, via Chiesure


La maison familiale, autrefois divisée en deux logements


Mes grands-parents sur le seuil de leur maison, via Chiesure


La Vénétie aujourd’hui

A partir des années 70, suite à une vague massive d’industrialisation, la Vénétie redevint une terre d’immigration, au départ en provenance de l’Italie du Sud, puis d’autres pays. Aujourd’hui, plus de 350.000 étrangers y vivent, représentant 7,3 % de la population totale de la région.
La Vénétie est aujourd’hui l’une des régions les plus riches d’Italie. L’agriculture y joue un rôle économique important, en particulier la culture de la vigne. Le paysage industriel est composé de petites et moyennes entreprises. Le tourisme représente également une part de marché importante, puisque la Vénétie est la première région touristique du pays avec 60 millions d’entrées en 2007.
En 2006, le produit intérieur brut par habitant de la Vénétie a dépassé de 21,5 % la moyenne de l’Union européenne.

Le recensement de 1991 a dénombré 3,932 habitants à Borso. En 2001 ils étaient 4,935, soit une augmentation de 25.51 % en 10 ans. Au 1er janvier 2009, on dénombrait 5,756 “Borsati”, soit une nouvelle hausse de 16.68 % en 8 ans.
La région de Borso est aujourd’hui considérée comme un important centre d’activité en Europe par les amateurs de vol libre.


L’histoire entre Brenta et Piave

Mes ancêtres italiens sont tous originaires de la Pedemontana (piémont, appelé aussi « Pedemonte ») du Monte Grappa, une région située au pied du Monte Grappa, sur la bande préalpine qui va du Brenta au Piave. et qui s’étire entre le massif calcaire préalpin et les collines qui descendent doucement vers la plaine du Pô et Venise.

Les fouilles archéologiques ont mis en évidence à Semonzo la présence d’habitants dès le paléolithique, des traces humaines remontant à 35.000 ans avant J.C. ayant été découvertes. A Castelcucco, les vestiges sont encore plus anciens puisqu’ils ont été datés de l’énéolithique (III-II millénaire avant J.C.). A Borso, des traces de sépultures datées entre le VIe et le Ve siècle avant J.C. ont été mises à jour.

Durant la période romaine, le territoire de Borso était constitué d’une plaine centrale, divisée en parcelles destinées à des exploitations agricoles, et de zones montagneuses non clôturées. A Semonzo, des vestiges romains datant du 1er siècle après J.C. ont été trouvés. Découvert près de l’actuelle église de San Eulalia, le sarcophage de Caius Vettonius Maximus a été daté du IIIe siècle après J.C. La présence romaine sur les pentes du Monte Grappa est attestée au moins jusqu’à 568, date de l’invasion des Longobards.

Asolo

Ces territoires furent longtemps dominés par Asolo (Acelum), ville romaine qui devint municipium et se développa surtout entre le Ier siècle avant J.C. et le Ier siècle après J.C. Elle accueillit un évêque au VIe siècle et garda son siège épiscopal jusqu’en 969. Après la chute d’Asolo, l’Asolano connut l’hégémonie successive de puissantes familles : Tempesta, Ezzelini, da Camino, Scaligeri, Carraresi.

Entre le XIe et le XIIIe siècle, le territoire fut dominé par la puissante famille des Ezzelini. Elle possédait un château à Borso, situé un peu au-dessus de l’église actuelle, mais il fut occupé puis détruit en 1267 par les trévisans, qui avaient tué son seigneur, Alberico da Romano, en 1261.

La première mention du nom de Semonzo date de 790 (« logo Somoncio »).

La première trace écrite connue du toponyme « Borso » date de 1085 et figure dans un acte attestant que l’abbaye bénédictine Ste Eufemia de Villanova (dans la province de Padoue) reçoit en donation un grand nombre de biens fonciers dans « le village appelé Borso » (« villa quae dicitur Bursus »). L’étymologie du toponyme n’est pas certaine. Parmi les hypothèses, l’une avance qu’il dérive de « bosso » (le buis), cet arbre étant très répandu dans la région, et une autre du nom propre « Bonaccorso », devenu Borso par syncope dans la langue locale.

La pax veneziana

En 1337, des nobles trévisans soulèvent la population en faveur de Venise, qui accepte cette nouvelle conquête mais ne la ratifie qu’en 1339. Cette première domination Vénitienne prend fin en 1379, durant la guerre contre Padoue. Mais la lutte des Vénitiens aboutit à la chute définitive de Francesco da Carrara en 1388. Le Bassanese, le Vicentino et le Trevigiano entrent alors sous la domination de Venise pour 4 siècles. Le Pedemonte est inclus dans le podestat d’Asolo, qui dépend de Treviso. C’est l’époque de la pax veneziana, qui représente pour les habitants du Pedemonte la sécurité et la prospérité, même si la vie est dure.

Un événement d’importance marquera les esprits durant cette période : Le 25 février 1695, jour de la Santa Costanza, un terrible tremblement de terre frappe toute la région. Il sera ressenti aussi bien à Asolo que dans les communes de la rive droite du Brenta. Sur les 294 maisons de la commune de Borso, 100 s’écroulent et les autres sont gravement endommagées. L’église est en partie détruite et son clocher abattu. Parmi les victimes de la commune, on dénombre trois membres de la famille Guadagnin.

Les communes rurales dépendant de Treviso sont gouvernées selon les statuts de Treviso :

  • Le droit de vote est donné au chef de famille, qu’il soit majeur ou non. Les veuves peuvent également en disposer.
  • L’assemblée des chefs de famille se nomme vicinìa (en vénitien visnà ou visnado). Dans certaines communes il existe deux vicine : une générale, qui réunit tous les chefs de famille, et une plus petite comportant les consiglieri (conseillers) et le merigo. La première élit le merigo (qui représente la commune à l’extérieur) et les conseillers. Parmi ces derniers, ceux qui recueillent le plus de votes sont déclarés uomini di comun. Ils représentent l’autorité suprême à l’intérieur de la commune, sur le plan administratif mais aussi pénal. La vicinìa peut également élire des « employés » de la commune, comme un percepteur ou un garde forestier.
  • Le renouvellement de cette assemblée se déroule chaque année.
Évolution démographique de quelques communes de la Pedemontana
année 1314 1706 1766
Semonzo 25 foyers 627 h 1076 h
Borso 45 foyers 1036 h 991 h
Sant Eulalia 5 foyers 565 h 470 h
Romano 60 foyers 987 h 1660 h
Mussolente 49 foyers 503 h 750 h
Liedolo 20 foyers 311 h 392 h
Crespano 30 foyers 1475 h
Paderno/Fietta 30 foyers 1670 h

Dans les cités plus importantes, comme Asolo, Bassano ou Treviso, siège le « Consiglio dei Nobili » (conseil des nobles), dont la charge se transmet de père en fils. Ne peuvent l’intégrer que des hommes particulièrement influents politiquement ou économiquement et résidant dans la cité depuis un certain nombre d’années (5 ans par exemple pour Asolo). Ses membres portent les titres de « Dominus », « Nobilis Vir », « Prudens Vir », « Egregio Vir »… Il ne s’agit pas là d’une noblesse féodale mais plutôt d’une noblesse civique.

Parmi mes ancêtres, Battista de Cogno était consigliere de Borso en 1594 et Alvise Andreatta était uomo di comun de Fietta en 1696. Des membres des familles Andreatta, Fietta ou Guadagnin ont siégé au conseil des nobles d’Asolo, Bassano ou Treviso.

Le XIXe siècle, une époque très difficile

L’Asolano n’échappe pas aux remous que connaît la Vénétie après la chute de la République de Venise. Les troupes françaises de Napoléon déferlent dans les campagnes et emportent tout ce qu’elles trouvent.

En 1797 par exemple, les habitants de Semonzo dressent une liste des biens volés ou détruits entre septembre 1796 et octobre 1797 par les soldats français. Le total est évalué à 3266 lires. Tout ce qu’ils obtiennent en retour est l’occupation de la ville par un régiment de hussards durant 33 jours !

Après le traité de Campo Formio, fin 1797, l’Asolano est cédé à l’Autriche en tant que « Regno d’Italia, Dipartimento del Tagliamento, Distretto di Bassano, Cantone di Asolo ». Les communes de Borso-Sant’Ilaria et Semonzo sont distinctes. Le Traité de Presbourg en 1805 voit la Vénétie intégrer à nouveau le royaume napoléonien d’Italie. Borso et Semonzo y sont réunis sous le nom « Comune di Borso, Simonzo, Sant’Ilaria ». La réorganisation administrative décidée par Napoléon en 1807 rattacha l’Asolano au « Dipartimento del Bacchiglione ». A cette occasion, Paderno est divisé en deux : Paderno est rattaché à Castelcucco, Fietta à Crespano. Borso est constitué de : Borso, Semonzo et Sant Eulalia. La commune s’appelle Borso mais Semonzo devient chef-lieu de commune.

Dès octobre 1813, l’Asolano est réoccupé par les Autrichiens. L’état autrichien a besoin d’argent et impose de nouvelles taxes, que la population ne peut payer. On vient lui prélever par la force. Une vague de suicide est constatée, motivée par la pellagre et par le désespoir économique. Six suicides sont constatés en six mois en 1814 par le podestat d’Asolo.

Le 1er janvier 1816, le territoire de Borso – Semonzo et Sant Eulalia s’appellent officiellement « Comune di Borso ».

Au moment où la Vénétie intègre l’État Italien, la situation économique est terrible et l’Asolano ne fait pas exception. Durant les décennies précédentes, les populations ont dû faire face à des épidémies (1836, 1849, 1855) et à des guerres (1848, 1859, 1866).

En 1836 par exemple, après un hiver et un printemps très rigoureux, l’été est rythmé à Borso par de violents orages accompagnés de chutes de grêle exceptionnelles détruisant toutes les cultures. La population, déjà très éprouvée, subit en outre plusieurs tremblements de terre à partir du mois de juin de la même année, ce qui cause de très importants dommages, en particulier à Borso. Durant près de neuf mois, les secousses plus ou moins fortes sont quasiment quotidiennes. Et en juillet, l’épidémie de choléra qui sévissait en Italie atteint la région…

Une comptine de 1848 illustre l’état des populations de Vénétie, qui sortent enfin de plus de 50 ans de domination et de répression française et autrichienne :

Co San Marco comandava Quand Saint Marc commandait

(durant la République de Venise)

se disnava e se senava; On déjeunait et on dînait
Soto Franza, brava gente, Sous la France, ces braves gens

(période napoléonienne)

se disnava solamente; on déjeunait seulement
Soto casa de Lorena Sous la maison de Lorraine

(Autrichiens de la Maison de Habsbourg-Lorraine)

no se disna e no se sena; on ne déjeune ni on ne dîne

Par la suite, après l’unité italienne, une strophe fut ajoutée :

Soto casa de Savoia Sous la maison de Savoie

(la Famille de Savoie accède au trône d’Italie en 1861)

de magnar te ga voja! Il ne te reste plus que l’envie de manger

« La pappa al fogo », tableau de Noè Bordignon (ca 1895) qui montre la dureté de la vie rurale en Vénétie à la fin du XIXe siècle (Source : http://studiomondi.altervista.org/)

Une grande vague d’émigration débute en Vénétie : entre 1870 et 1970, plus de 3 millions de Vénitiens abandonnèrent leur patrie pour chercher une meilleure qualité de vie, émigrant vers l’Amérique (au départ essentiellement au Brésil, puis en Argentine et aux USA) et, après la Seconde Guerre mondiale, vers l’Australie, les pays les plus développés de l’Europe ou d’autres régions d’Italie.

Borso del Grappa ne fit pas exception à la règle, de 10 émigrés en 1876 on passe à 35 en 1877. C’est ainsi que mon arbre généalogique comporte des branches américaine et française, et que j’écris aujourd’hui ce texte depuis la France.