Galerie de personnages

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Les Fietta et Dal Corno

Issues de Giovanni Antonio del Schiva, ces branches ont peu à peu intégré le monde des notables de Paderno, Asolo ou Bassano.

Lazzaro Fietta, comte dal Corno

Le petit-fils de Giovanni Antonio, Giovanni Andreatta del Schiva, appelé par la suite Giovanni Fietta lorsqu’il s’établira à Asolo, épouse Elisabetta dal Corno, issue d’une famille bien établie à Bassano.

Le fils ainé du couple, Lazzaro, se montre particulièrement attentionné envers son grand-père maternel, Zanetto dal Corno, au point que ce dernier, qui n’a pas eu de fils, finit par le reconnaître comme son fils adoptif. Lazzaro se fait dès lors appeler dal Corno, et non plus da Fietta comme son père et son frère. Ses deux fils porteront à leur tour le patronyme dal Corno.

A la mort de son grand-père, alors que sa mère était déjà décédée, Lazzaro fait valoir qu’il n’est pas seulement le petit-fils de Zanetto mais son fils adoptif et donc à ce titre son unique héritier. Il réussit ainsi à déposséder son frère Bortolamio de sa part d’héritage !

Un de ses autres « faits d’armes » a été raconté par Ottone Brentari dans l’ouvrage Storia di Bassano e del suo territorio (1884) : Alors que le 2 novembre 1532, Charles Quint passait à Bassano au cours d’un voyage, il s’est arrêté sur le pont afin d’admirer le paysage. Lazzaro dal Corno s’est alors approché pour se lancer dans un panégyrique du souverain. Il semble que ce dernier ait particulièrement apprécié cet hommage car une semaine plus tard, un diplomate venu de Mantoue remettait à Lazzaro un document le nommant « comte palatin » et lui donnant le droit de désigner des notaires et de reconnaître ses enfants illégitimes.

Dès lors, il était devenu le « Comte Lazarro dal Corno ».

Dans l’ouvrage « Saggio di memorie degli uomini illustri di Asolo » (Pietro Trieste de Pellegrini, Venezia, 1780), il est écrit que Lazzaro Fietta est apparenté à la famille Ardici, surnommée « da Fietta », famille trévisane dont la noblesse remonte au XIIIe siècle. Un ouvrage postérieur « Repertorio genealogico delle famiglie confermate nobili e dei titolati nobili esistente nelle provincie venete » (Franz Schröder, Venezia, 1821), propose pourtant une autre ascendance, qui rejoint celle déterminée par Gabrielle Farronato et qui me semble beaucoup plus crédible. Lazzaro Fietta, même s’il a bien été nommé comte palatin et que ce titre a par la suite été transmis à ses descendants, descendait selon toute vraisemblance d’une famille non noble originaire du village de Fietta.

Bartolomeo Fietta

Giovanni Fietta n’a sans doute pas apprécié de voir son fils ainé déposséder son cadet. En 1546, il demande au podestat d’Asolo d’émanciper son second fils Bartolomeo et en fait son unique héritier, déshéritant donc Lazzaro. Bartolomeo hérite entre autres un bâtiment en cours de construction à Paderno, qui deviendra le « Palazzo dei Fietta » ou « Villa Fietta » et qui accueille aujourd’hui l’Istituto Filippin.

Bien que spolié par son frère, Bartolomeo a donc mené une vie de notable entre Asolo et Paderno, devenant « consigliere ordinario » d’Asolo en 1555, ce qui permet à la famille d’intégrer la noblesse d’Asolo. Sur le tableau ci-contre, il est dit « vir optimus« . Ses descendants purent en outre bénéficier à partir de 1755 du titre de comte palatin qu’avait obtenu son frère.

Girolamo Fietta

Sur ce tableau figure le texte suivant :

HIERONIMUS FIETTA BARTH. F.

EDUARDI FARNESII PARMAE DUC. STIPENDIIS

HONORIFICO GRADU CONDUCTUS PRO VEN. REP.

CRETENSI BELLO STRENVE MILITAVIT

NICOTIANAM HERBAM AD VENETOS

PRIMUS ATTULIT. OBIIT 1658 AET 39

Il nous apprend donc que Girolamo Fietta a été au service d’Edouard Farnese, duc de Parme et qu’il a rendu de grands services à la République de Venise, se comportant vaillamment durant la guerre de Crète. Nous découvrons aussi que Girolamo a été le premier à introduire le tabac (nicotianam herbam = l’herbe à Nicot) en Vénétie !

Du fait de sa bravoure au combat, il avait en effet obtenu du doge l’autorisation de cultiver le tabac sur ses terres d’Asolo. Il est mort au cours d’une partie de chasse, tué accidentellement par son ami Paolo de Pardis.

Les Guadagnini et Guadagnin

Giacomo Guadagnini

Portrait peint en 1580 par Francesco da Ponte et représentant un notable, peut-être membre de la famille Guadagnini… (Source : Kunsthistorisches Museum, Vienne)

Marina da Ponte, sa mère, était la fille de Francesco da Ponte, ou « Francesco Bassano il giovane », et la petite-fille de Jacopo dal Ponte (dit Jacopo Bassano), fondateur de la tendance picturale maniériste connue sous le nom d’école de Bassano. Giacomo Guadagnini a été formé à la peinture par son grand-oncle Gerolamo da Ponte et fut lui aussi un peintre de l’école de Bassano. Son talent ne devait pourtant pas atteindre celui de son maître, et sa réputation est restée celle d’un très bon copiste.

Alpino Alpini

Prospero Alpini, père d’Alpino

Fils de Guadagnina Guadagnini et de Prospero Alpini, Alpino Alpini a suivi les traces de son père, fondateur du jardin botanique de Padoue, en devenant à son tour médecin et botaniste. Alpino succède ainsi à Prospero à la chaire de botanique de Padoue. Ayant vécu trois ans en Égypte, Prospero en a décrit les plantes dans ses ouvrages. Il est ainsi le premier en Europe à décrire le caféier et l’usage de la décoction de ses grains semi-torréfiés, connue sous le nom de « caova » par les Égyptiens et les Arabes. C’est donc grâce à lui que le café a acquis ses lettres de noblesse en Italie ! Le genre Alpinia, de la famille des Zingiberaceae, lui a été dédié.

Giovanni Maria Guadagnini

Sépulture de Gio:Maria Guadagnini, dans l’église Santa Catarina de Bassano

Docteur en droit, Gio:Maria Guadagnini reçut la charge d’administrateur des vicairies de Vicenza, Verona, Bergamo et Crema. Mort jeune, à seulement 38 ans, il laissa malgré tout une empreinte durable à Bassano. Il fut inhumé dans un sépulcre de marbre qu’il avait fait construire dans l’église Santa Catarina de Bassano, sur lequel il ordonna de ne pas faire figurer ses armes, car « le bon souvenir qu’il laisserait suffirait à faire honneur à sa famille, à ses descendants et à sa patrie ». Parmi ses héritiers figuraient ses neveux Mario et Giacomo, « à la condition qu’ils obtiennent leur doctorat en philosophie avant l’âge de 25 ans ».