Onomastique

Dans l’état actuel de mes découvertes, il apparaît que la très grande majorité de mes ancêtres italiens sont natifs de Borso del Grappa et des communes proches. Cette proximité géographique transparaît logiquement dans la liste de leurs patronymes, dont certains se retrouvent dans différentes branches et qui sont, pour la plupart, typiques de la Vénétie.
Même si les patronymes étaient bien utilisés par les prêtres dans les registres paroissiaux, leur orthographe a été sujette à de nombreuses variantes. Les doubles consonnes sont parfois occultées (Fabbian/Fabian, Gollin/Golin, Salvalaggio/Salvalagio, Mocellin/Mocelin…) ou la transcription est phonétique (Pellizzer/Pellicer…). Les surnoms des branches familiales supplantent même parfois le patronyme dans ces documents pourtant « officiels ».

Curieuse de la réponse à la question « que signifie mon nom ? », je me suis essayée dans cette page à l’onomastique, terme qui désigne l’étude de l’étymologie des noms propres.
La plupart des explications fournies dans cette page sont issues du site Origine dei cognomi italiani, richement et activement alimenté par M. Ettore Rossoni.

Vous pouvez naviguer dans la liste par l’initiale du nom : A à B / C à F / G à M / N à S / T à Z

 

A à B

 

Alberi

    • : patronyme originaire des régions de Ferrare et Bologne. Il pourrait dériver du prénom médiéval « Alberius », mais aussi de surnoms liés au mot arbre (albero en italien).

Andreatta : dérive du prénom grec « Andreas », venant lui-même du grec andros = homme, qui est ensuite devenu Andreas en latin, puis « Andrea » (= André) en italien. Dans le contexte de la région du Trentin, où ce patronyme est signalé dès le XIVe siécle, le suffixe « atta » désigne « le fils de », ici le fils d’un chef de famille prénommé Andrea. (Source : Sergio Andreatta, « Casa Andreatta »). Mais Gabriele Farronato a démontré que la souche des Andreatta de Paderno est endogène de Fietta (Farronato Gabriele, Paderno del Grappa, storia delle comunità di Fietta e di Paderno, Asolo, 1999).
L’origine et les variantes de ce patronyme à Fietta et Paderno sont abordées dans le paragraphe Origine des familles Andreatta de Paderno de la chronique.

Bertacco : patronyme typiquement vénitien, plus particulièrement originaire de la province de Vicenza. Il dérive de prénoms comme « Roberto », « Alberto » ou « Umberto », par aphérèse (troncature du début du mot).

Biasion : patronyme typiquement vénitien, dérivé du prénom médiéval « Blasius » après modification due au vénitien.

Bonato : patronyme spécifique de la Vénétie, du Trentin et du nord de la Lombardie. Il dérive du mot « bonus » (bon), le suffixe « ato » désignant « le fils de ».

Bof : patronyme typiquement vénitien et spécifique de la province de Trévise. Il dérive par apocope du prénom médiéval « Boffus ».

Bordignon : patronyme issu des provinces de Treviso, Vicenza et Padoue. Il dérive du prénom Bartolomeo, qui se dit Bortolo en Vénétie, donnant Bortignon puis Bordignon après modification de la dentale « t » en « d ».

Buzzoni : ce patronyme possède deux origines géographique, l’une regroupant les régions de Ferrare et Bologne, et l’autre qui comprend les régions de Milan, Lecco, Bergame et Brescia. Il pourrait dériver, directement ou sous forme augmentative, du nom latin Butius, transformé en « Bozo » à l’époque médiévale.

 

C à F

 

Canova

    • : patronyme spécifique de l’Italie du nord. Il dérive soit de toponymes, soit de noms de localités identifiables à une nouvelle maison (« casa nuova »), soit de surnoms dérivés du bas latin « canova » ou « caneva », termes qui signifient « cantine, auberge ». L’un de ses plus illustres représentants est le sculpteur originaire de Possagno (province de Trévise) Antonio Canova (1757-1822), figure majeure du néoclassicisme italien.

Cattaneo : très courant dans le Centre-Nord, particulièrement en Lombardie, mais présent également dans le reste de l’Italie. Ce patronyme dérive du latin capitaneu(m) qui désigne une personne se trouvant à la tête d’une armée ou d’une communauté.

Catto : patronyme tipiquement Vénitien, en particulier dans la province de Venise. Il pourrait dériver du nom médiéval « Gactus » mais aussi du longobard « hatto » (combattant).

Cervellin : ce patronyme typique de la Vénétie dérive soit d’une altération du nom médiéval latin Cervelius, forme altérée du latin Servilius, et qui désigne un membre de la Gens Servilia, une famille patricienne de la Rome antique, soit du nom latin Cervilius.

Cogno ou Cugno ou De Cogno : ancien nom des membres de la famille Vedovotto de Borso. Le patronyme Cogno est encore présent en Vénétie, Lombardie, Ligurie et au Piémont. Il dérive du mot latin cuneus qui désigne un coin, un triangle, et se rapporte peut-être à un outil (un clou ?) ou à la forme d’un lopin de terre.

Comin : patronyme typiquement vénitien, essentiellement originaire des provinces de Trévise et de Venise. Il dérive par aphérèse d’une forme diminutive des prénoms Giacomo ou Giacoma.

Cumin : patronyme originaire du Frioul-Vénétie Julienne, plus particulièrement des régions de Trieste et Udine. Il dérive par aphérèse du prénom romain Cuminus.

Cunial : ce patronyme est typique de la commune de Possagno (TV). Son origine est proche de celle de « De Cogno », puisqu’elle dérive du nom du hameau de Cunial à Possagno, baptisé ainsi en raison de sa forme en coin.

Cusimano : nom d’origine sicilienne. Il dérive du nom grec Kosmas, devenu Cusmanus en latin et qui a évolué par la suite en « Cusmano » puis « Cusimano ».

Dalla Zanna : nom typiquement vénitien, qui dérive du prénom féminin Giovanna, transformé en Zuanna puis Zanna dans la langue vénitienne. Ce nom était dont attribué aux enfants d’une femme prénommée Giovanna, peut-être une veuve, ce qui expliquerait que le patronyme des enfants ne soit pas dérivé d’une particularité de leur père. Cette étymologie concerne également la variante Della Zanna.

Dalle Fratte : patronyme Vénitien qui dérive du mot « fratta » = maquis, terrain escarpé et richement planté, ou du latin fractus = fraction de terrain.

Dettamanti : patronyme originaire de Lombardie et dérivé, par mutation de la consonne initiale T en D, du patronyme Tettamanzi/Tettamanti, qui signifie « colui che dà da mangiare e munge i manzi = celui qui nourrit et trait les vaches ». La forme originelle est Tettamanzi, elle est devenue Tettamanti après transcription par les ecclésiastiques et les notaires.

Fabbian : patronyme spécifique de la Vénétie. Il dérive du prénom latin Fabianus, lui-même formé à partir du nom de genre Fabia.

Finco : typique de la Vénétie, en particulier des provinces de Vicenza et de Padoue. Dérive vraisemblablement d’un surnom formé à partir du terme « finco », qui signifie « pinson » en dialecte vénitien et qui, par le passé, signifiait également « avisé, adroit ».

Follador : ce patronyme est surtout présent dans la province de Trévise, mais il se rencontre également dans celles de Venise et de Belluno. Il dérive de variantes archaïques ou dialectales du terme « follatore » qui signifie « le fouleur, celui qui foule ». Ce terme s’appliquait soit à la préparation du vin, soit à l’artisanat de la laine et du feutre. Ce patronyme est donc dérivé d’une activité professionnelle. Compte tenu de la forte présence des métiers liés à la laine dans la province de Trévise, il est probable que mes ancêtres qui en étaient porteurs ont travaillé dans l’artisanat de la laine plutôt que dans les vignes.

 

G à M

 

Gheno

    • : patronyme typique de la province de Vicenza. Il dérive du surnom donné à « Guielmo (Guglielmo) detto Gheno », membre d’une famille originaire de San Nazario. (source : Tibère Gheno, France)

Giacomelli : patronyme répandu dans le centre et le nord de l’Italie. Il dérive vraisemblablement du prénom « Giacomo » (Jacques).

Golin / Gollin : ces patronymes dérivent par aphérèse (modification phonétique impliquant la perte d’un ou plusieurs phonèmes au début d’un mot) du prénom « Ugolino ». L’origine de la présence dans cette généalogie des deux orthographes est expliquée dans le paragraphe « Golin ou Gollin ? » de la chronique.

Granaroli : ce patronyme se retrouve à Terni, en Ombrie, ainsi qu’à Rome et à Palestrina, dans la région romaine. Il pourrait dériver de toponymes, comme Granarolo, près d’Urbino, ou Granaro, également dans les Marches.

Guadagnin : patronyme typique de la Vénétie, et plus précisément de la province de Trévise, où il s’écrit parfois avec un « i » final. Il dérive vraisemblablement par aphérèse du prénom médiéval « Guadagno » ou « Buonguadagno » (« gain, bon gain »), attribué à un fils dont la naissance était très attendue ou considérée comme de bon augure pour la famille, ou destiné à lui porter chance. L’origine des Guadagnin de cette généalogie est abordée dans le paragraphe « Origine des Guadagnin de Borso » de la chronique.
Selon l’ouvrage « Historia da familia Guadagnin » de Firleia Guadagnin Radin, le verbe italien guadagnare (gagner) dérive du germanique « waidanjan » ou « waidanian », qui signifiait faire paître les animaux. Sans doute introduit en Vénétie par les longobards, ce verbe a connu une modification de son orthographe et de sa signification, pour devenir « waidanare » puis « gaidanare », « guadanare » et « guadagnare ».

Lunardon : forme typiquement vénitienne de divers patronymes dérivés du prénom « Leonardo », devenu « Lunardo ».

Mocellin : patronyme typique de la Vénétie, en particulier de la province de Vicenza, mais également bien présent dans les provinces de Trévise, Padoue et Venise. Il dérive vraisemblablement d’un toponyme.

Moro : patronyme dérivé de « Morus », attribué au moyen-âge non seulement aux sarrasins mais aussi à tous ceux dont la peau était foncée.

Morosin : variante typiquement vénitienne de Morosino ou Morosini, qui dérivent vraisemblablement tous du prénom médiéval Maurus ou Morus.

 

N à S

 

Negro

    • : ce patronyme semble originaire du Salento, dans les Pouilles, mais il est également très courant dans le Piémont et la Ligurie. Il vient soit du nom latin

Niger

    • , devenu

Nigrus

    • au moyen-âge, puis « Negro », soit d’un surnom attribué à une personne aux cheveux ou à la peau sombre. Dans le sud de l’Italie, il pourrait également être lié à une ascendance sarrasine.

Orso : patronyme majoritairement présent en Vénétie, mais diffusé également dans le Piémont, la Campanie et la région de Palerme. Il dérive du prénom médiéval « Orso » lui-même issu du latin Ursus.

Pellizzer : patronyme typiquement vénitien, probablement attribué à l’origine à une personne travaillant la fourrure, la peau (« peliza » dans la langue vénitienne). La même origine prévaut pour des variantes comme Pellizzaro ou Pellizzari.

Rizzardo : patronyme spécifique de la province de Trévise, et qui dérive du prénom médiéval « Rizzardus ».

Salvalaggio : patronyme typique de la province de Trévise, et plus particulièrement de Castelfranco. Il dérive du nom médiéval « Salvalaglio ».

Serena : originaire des province de Venise et de Trévise, ce patronyme est également présent dans les régions de Brescia et Piacenza. Il dérive du nom latin Serenus (en latin, serenus = serein)

Sibilio : la répartition de ce patronyme montre un foyer dans le Latium, un dans la région de Naples, et un autre dans les Pouilles. Il pourrait dériver du nom médiéval germanique Sibhileh, lui-même formé à partir de sib (crible, tamis) et de hileih (mariage), qui signifiait épouse ou époux judicieusement choisi(e) , une autre origine pouvant dériver du nom médiéval « Sibillus », lui-même issu du nom grec et latin Sibylla.

Simeoni : ce patronyme possède une branche en Vénétie et une autre dans le Latium. Il dérive du prénom biblique « Simone ».

Simoncello : il dérive lui aussi du prénom « Simone ».

 

T à Z

 

Tonietto

    • : dérive du prénom « Antonio », dont il est un diminutif affectueux.

Vedovotto : ce patronyme semble non seulement typiquement vénitien mais spécifique de Borso del Grappa. Il dérive sans doute d’une forme diminutive de « vedovo », qui signifie « veuf », le suffixe « otto » étant utilisé pour signifier « le fils de », en l’occurrence « le fils du veuf ». Avec leur tendance marquée à « avaler les syllabes » mes ancêtres sont parfois allés jusqu’à orthographier leur nom « Vedootto » ou « Vedooto ».
L’origine et les variantes de ce patronyme à Borso sont abordées dans le paragraphe « Origine des familles Vedovotto de Borso » de la chronique.

Zago : patronyme typique de la Vénétie, qui possède une branche secondaire en Sicile dans la région de Raguse. Il pourrait dériver du terme « zago », nom donné en dialecte vénitien à un clerc, personne qui étudie en vue de devenir prêtre (le terme « zaghi » étant aussi utilisé parfois en Vénétie pour désigner les enfants de chœur).

Zen : patronyme typiquement vénitien, qui dérive par apocope des prénoms médiévaux « Zena », « Zeno ».

Ziliotto : tout comme « Zilio », dont il est une forme diminutive, ce patronyme est typique de la Vénétie. Il dérive d’une modification du prénom médiéval « Gillius », la langue vénitienne ayant transformé le « G » en « Z ».