branche Guadagnin,  Vénétie,  vie quotidienne

Le 11 novembre, c’est aussi la san Martino en Vénétie

Saint Martin aurait été inhumé à Tours le 11 novembre 397. Dans plusieurs pays européens, la date du 11 novembre est l’occasion de festivités en son honneur. C’est le cas en Allemagne, où l’on déguste alors l’oie rôtie, en Flandre, où l’on sculpte des betteraves, ou en Suisse, où l’on fête la fin des vendanges ou des récoltes par des foires et des repas pantagruéliques. La tradition de la saint Martin s’est également diffusée en Italie.

Une tradition ancienne

En Vénétie, la tradition de saint Martin date de plusieurs siècles. Il est le patron de nombreuses paroisses, parmi lesquelles l’église de San Martino fondée en 1540 à Venise.
Les enfants fêtaient san Martino en allant de maison en maison en tapant sur des casseroles pour faire du bruit, pour demander des friandises, à l’instar de ce que font d’autres enfants à Halloween. Ils récitaient alors une comptine en dialecte :

San Martin xe `ndà in sofita
a trovar la so novissa.
So novissa no ghe gera,
el xe `ndà col cuo par tera
viva viva san Martin
Viva el nostro re del vin!

“Saint Martin est allé au grenier, pour y trouver sa novice. Sa novice n’y était pas, et il est tombé “le cul par terre”. Vive, vive saint Martin, vive notre roi du vin !”

San Martin m’ha mandà qua
che ghe fasse la carità.
Anca lu col ghe naveva,
carità el ghe ne fasseva
Viva viva san Martin
Viva el nostro re del vin!
Fè atension che semo tanti
E gavemo fame tuti quanti
Stè tenti a no darne poco
Perché se no stemo qua un toco!

“Saint Martin m’a envoyé ici pour demander la charité. Lui aussi il avait de la charité et il la faisait. Vive, vive saint Martin, vive notre roi du vin ! Fais attention, nous sommes nombreux, et nous sommes tous affamés. Prends garde à ne pas nous en donner trop peu, car sinon…”

Si les enfants obtenaient satisfaction, il remerciaient en récitant :

E con questo ringraziemo
Del bon anemo e del bon cuor
`N altro ano tornaremo
Se ghe piase al bon Signor
E col nostro sachetin
Viva, viva S.Martin!

“Et avec cela (la comptine) nous vous remercions pour la bonne âme et le bon cœur. L’an prochain nous reviendrons, s’il plait à notre bon Seigneur, avec notre petit sachet, Vive, vive saint Martin !”

Mais s’ils n’avaient rien venaient les menaces :

Tanti ciodi gh’è in sta porta
Tanti diavoli che ve porta
Tanti ciodi gh’è in sto muro
Tanti bruschi ve vegna sul culo.
E CHE VE MORA EL PORSEO!

“Autant de clous sur cette porte, autant de démons je vous apporte. Autant de clous dans ce mur, autant de malheurs qui vous tomberont dessus. ET QUE MEURE VOTRE COCHON !” (le malheur suprême !)

Aujourd’hui encore, il est de tradition de confectionner pour la saint Martin un dessert spécial qui représente saint Martin juché sur son cheval.

Pour la recette : https://www.veneziaeventi.com/enogastronomia/ricette/la-storia-e-la-ricetta-del-san-martino/

Mes ancêtres Martin

Malgré cette tradition de Vénétie liée à san Martin, j’ai trouvé peu de Martin/Martino dans les registres de Borso.

Ce prénom est néanmoins porté par deux de mes ancêtres :

Martin CUMIN (mon sosa 642), est né vers 1644 dans “la Valtellina, diocesi di Como” comme l’indique son acte de mariage (soit “dans la Valtellina, diocèse de Côme”). Il s’est ensuite installé à Borso del Grappa et il y a épousé Madalena GUIDOLIN le 26 juillet 1683. Elle-même était originaire d’une autre paroisse, celle de Loria qui est située dans la province de Treviso.
Ce couple est un mystère pour moi à plusieurs titres :

  • pourquoi et quand l’un et l’autre ont -ils décidé de s’installer à Borso, paroisse où ils ont dû faire connaissance ?
  • d’où venait précisément Martin CUMIN, car “la Valtellina” est une vallée qui comporte plusieurs paroisses ? Certaines pistes m’incitent à penser qu’il aurait pu être originaire de Brusio, village situé à l’époque sur le territoire du diocèse de Côme et rattaché aujourd’hui au canton suisse des Grisons. Mais je n’ai pas encore été en mesure de vérifier cette hypothèse.

Mon second ancêtre portant ce prénom est Martin GUADAGNIN (mon sosa 160), né à Borso le 26 novembre 1717 et petit-fils de Martin CUMIN. Il a donc été prénommé ainsi en hommage à son grand-père, comme le voulait la tradition.

Dans les registres de Borso, le prénom est souvent orthographié “Martin” par les prêtres, sans le “o” final de l’orthographe italienne “Martino”. L’élision des voyelles finales est en effet l’une des caractéristiques de la langue de la Vénétie, comme en témoigne la grande fréquence dans cette région des patronymes se terminant par une consonne.

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