Origine des Andreatta de Fietta

Dans la Pedemontana, le patronyme Andreatta est typique de Fietta. Il s’est ensuite diffusé à Paderno, Crespano, Fonte ou San Zenone. Il est effectivement mentionné dans les textes à la fin du XVe siècle mais des documents plus anciens suggèrent que la famille aurait déjà pu être présente à Fietta en 1224.

Au XIIIe siècle : Lazzaro da Fietta

Des Chegna aux Andreatta et aux Fietta (Cliquez sur l’image pour agrandir l’arbre dans une nouvelle fenêtre)

Lazzaro da Fietta a rédigé son testament le 16 juin 1224, léguant ses biens à ses deux fils, Giacobino et Odorico. Si le second est parti à Treviso, Giacobino est resté à Fietta. Son petit-fils (?), lui-même fils d’un Lazzaro, Giacobino detto Chegna (Giacobino dit Chegna) y achète des terres, selon un acte daté du 29 juin 1340.

Par la suite, le petit-fils de Giacobino est présenté dans les actes comme Biasio detto del Schiva. Ses trois fils portent le nom del Schiva mais au patronyme de l’aîné, prénommé Andrea, est accolé le surnom Andreatta, sans doute du fait de son prénom. Il devient donc Andrea del Schiva detto Andreatta. Un siècle plus tard, ses descendants sont appelés simplement Andreatta. La famille de son petit-fils Bartolomeo va s’établir dans le lieu-dit Canil, toponyme qui sera son surnom (Andreatta detto Canil ou da Canil) avant de devenir le patronyme de ses descendants. Le patronyme Canil est encore présent aujourd’hui à Paderno.

Le neveu d’Andrea, Giovanni del Schiva, vit avec son oncle dont il adopte le nom, sous la forme Giovanni Andreatta del Schiva.

Certaines branches de la famille se sont par la suite établies dans des villes voisines : Bassano, Asolo, Paderno… C’est le cas de Giovanni Andreatta Del Schiva et de ses descendants. Les membres de cette famille on alors été appelés da Fietta ou Fietta, en référence à leur village d’origine, et les patronymes Andreatta ou del Schiva n’ont progressivement plus été utilisés pour les désigner.

La « villa Fietta » à Paderno del Grappa

La branche d’Andrea, puis de Biasio son fils, a pris une place importante dans l’histoire de Fietta. En 1472, la famille de Biasio del Schiva, était la plus riche de Fietta. Il n’est donc pas étonnant qu’elle se soit liée par mariage avec la famille des Guadagnini, qui dominait pour sa part la ville voisine de Crespano : Maria, la sœur de Biasio, a épousé le discretus vir Pietro Guadagnini, fils de Giovanni, et Giovittore, le fils de Biasio, a épousé Caterina Guadagnini, fille du discretus vir Bartolomeo Guadagnini et petite-fille du même Giovanni Guadagnini.

Andrea del Schiva detto Andreatta semble donc être l’ancêtre de bon nombre de familles Andreatta et Canil, dont certaines vivent encore aujourd’hui à Fietta et Paderno. Alvise Andreatta, le fondateur de la branche des « Lovisat » à laquelle appartient mon arrière grand-mère Maria Andreatta, descend en ligne directe du couple formé par Giovittore Andreatta et Caterina Guadagnini.

Au XVIIIe siècle : le patronyme le plus porté à Paderno et Fietta

En 1759, Fietta et Paderno comptaient 47 foyers Andreatta (269 personnes). En 1815, 22 familles Andreatta vivaient à Paderno (soit 95 personnes) et 35 à Fietta (184 personnes). En 2004, Andreatta était encore l’un des patronymes les plus portés à Paderno et Fietta.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, jusqu’à 15 % de la population de la commune s’appelait Andreatta. Du fait de cette domination les divers foyers se sont vu attribuer des surnoms patronymiques (ménda) destinés à les différencier. Les surnoms étaient en général formés à partir d’un toponyme ou à partir du prénom du chef de famille. C’est ainsi qu’en 1815 on pouvait trouver à Paderno et Fietta des Andreatta « detto » Aiuto, Benet, Buset, Campagner, Campaner, Campo, Canevela, Canton, Chioret, Colomber, Costa, Cracio, Crostol, Cussoret, Formin, Franco, Gheno, Giachesa, Giachessa, Giorno, Lovisat, Mae, Mecoli, Meriga, Nanon, Paroncin, Patronio, Petronio, Pittus, Rechia, Sarenta

La branche de mon arrière grand-mère est celle des « Lovisat », ménda dérivée du prénom de son ancêtre Alvise (équivalent vénitien de Luigi) Andreatta. Mais du XVIIe au XXe siècle, une déclinaison et de nouveaux surnoms ont fait leur apparition parmi les rameaux des Andreatta detti Lovisat :

Lovisat (branche de Giobatta, fils d’Alvise) Lovisat (Branche de Gerolamo, fils d’Alvise)
Lovisat

  • Berna
    • Luisat de la Moma
    • Sisto
    • Baldi
    • Ventura
  • De la Botega
  • Luisat de la Moma
    • Luisat Scarperol
    • Toniet Luvisat
    • Maschio
Lovisat

  • Zanol
  • Russo
  • Gir
  • Luisat dei Boschi
    • Luisat
    • Bernardi
    • Cich